AFRIQUE

VITAL KAMERHE, UN AUTRE REGARD SUR SA DÉTENTION PROVISOIRE « LA VÉRITÉ EST DERRIÈRE LA PORTE »

Le Phare avait finalement raison de dire que le dossier VK pèse lourd. Oui, très lourd. On en a eu pour preuves les révélations faites le samedi 11 avril 2020 lors de l’audience foraine du Tripaix / Matete consacrée à la demande de liberté provisoire introduite par l’inculpé  Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi. Invité à rejoindre les arguments de la défense selon lesquels la place du Coordonnateur du Programme d’urgence des travaux de 100 jours du Chef de l’Etat n’est pas en prison au regard de « sa qualité d’homme d’Etat, responsable de par ses fonctions, de père de famille avec une adresse fixe et précise… », l’Officier du Ministère Public a jeté un véritable pavé dans la mare. VK, a révélé l’Avocat Général Sylvain Kaluila, a exposé la vie de la population en mettant sur le marché des médicaments impropres à la consommation. Une accusation terrible, surtout en cette période de propagation de la pandémie de coronavirus et des rumeurs persistantes de vente de la chloroquine périmée.

Dans le cas sous examen, l’Avocat Général ne se contente pas de rester à la périphérie du dossier. Il en démonte sommairement les articulations et débouche sur des conclusions déprimantes. Dix millions de dollars américains sont sortis du Trésor public pour être confiés, tenez-vous bien, à une entreprise de quincaillerie en vue d’approvisionner le pays en médicaments, révèle-t-il. Stupeur ! Que vient donc faire une entreprise de quincaillerie dans un dossier d’achat des produits pharmaceutiques ? Et comme pour glacer l’assistance, l’Avocat Général assène le coup de massue : les produits sont effectivement arrivés mais ils étaient tous périmés.

                  «Nous voilà donc dans une entreprise à la fois maffieuse et criminelle, où tous les coups sont permis pour garnir son portefeuille. Lancé pour redonner l’espoir au peuple, voilà le Programme des travaux de 100 jours détourné de sa mission par des hommes indélicats, guidés uniquement par l’appât du gain. Spécialisée dans la fourniture des carreaux et autres effets de quincaillerie, TRADE PLUS -tel est le nom de la société de la mort- a commandé des produits qui sont arrivés à Kinshasa alors qu’ils « avaient atteint la date de péremption pour la grande partie et donc, impropres à la consommation » !

L’affaire est grave. Des enquêtes approfondies doivent être menées auprès des formations hospitalières qui ont reçu ces produits pharmaceutiques périmés en vue de connaitre les dégâts qu’ils ont provoqués. Qui va dédommager les victimes ?  VK réalise parfaitement l’étendue du drame et tente une contre-attaque». Non, ce n’est pas moi.  Les marchés publics qui existent entre la République et les tiers ont été hérités du gouvernement Tshibala et aucun contrat de marché public de gré à gré ne porte ma signature, parce qu’il n’est pas de la responsabilité du Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat de suivre l’affectation des fonds payés directement par la banque dans les comptes desdites entreprises, car il y a toute une équipe qui était chargée de la supervision des travaux, parmi lesquels il y a des ministres en fonction à l’instar de Thomas Luhaka, Willy Ngopos et le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo ». Et il ne s’arrête pas là. S’agissant des médicaments, il impute la responsabilité à Eteni Longondo, un autre membre du gouvernement coupable, selon lui, de les avoir déclarés conformes après expertise. « Je ne suis responsable de rien », conclut-il.

 Au lieu de faire mouche, la salve tirée par VK fait plutôt flop. En prenant le dossier des médicaments par exemple, et avant même de revisiter l’expertise qu’il évoque, la question qui se pose est celle de savoir comment on a chargé un vendeur de carreaux commander des produits pharmaceutiques ? Qui avait fait le choix d’un tel soumissionnaire et quel était le prix réel des produits achetés à quelques jours de la date de péremption? Deuxième question de fond : pourquoi avoir commandé des produits que l’on savait proches de la date de péremption ? Par ailleurs, l’organe de la loi révèle que les produits commandés sont arrivés ayant atteint la date de péremption pour la grande partie. Cela signifie qu’une petite partie était encore valide et c’est probablement celle-là qui a été présentée pour être expertisée.  Ceux qui ont monté le coup savaient comment atteindre leur objectif, l’essentiel étant de s’enrichir. Encore et toujours.

                  Un crime organisé

Cela dit, ce qui s’est passé relève du crime organisé car nul n’a le droit de donner à ses semblables des médicaments inutiles, des produits dont il sait au départ qu’ils ne leur apporteront pas le moindre bien-être. Il est temps que les gens s’inspirent des réactions qu’on enregistre actuellement en Afrique, où les populations se lèvent contre un vaccin ténébreux destiné à combattre le coronavirus.  Avertis par diverses dénonciations et déclarations, les Africains réclament leur droit à un traitement sain et équitable. Ils récusent toute supercherie ayant pour seul objectif de neutraliser leur capacité de procréer.

                  Le scandale des vendeurs des carreaux n’est pas le seul qui préoccupe dans cette affaire. Il y a aussi cette rocambolesque histoire de SAMIBO présentée comme une société fictive par le ministère public, qui a curieusement bénéficié, à la suite d’un inexplicable mécanisme d’attribution des marchés publics de gré à gré, d’une rondelette somme de quarante-sept millions de dollars US via la Rawbank, « laquelle somme a disparu du circuit bancaire sans être affectée à la construction de 3.000 maisons préfabriquées ».

Au regard de ces faits, l’organe de la loi a sollicité du tribunal qu’il soit ordonné la mise en détention préventive de l’inculpé pour ne pas entraver le déroulement normal de l’instruction. Une position aussitôt récusée par le prévenu Vital Kamerhe et ses conseils Thotho Maluma Roger, Saturnin Zirimani, David Nyembwe, Guillaume Kyungu, Marius Bagalwa, John Kaboto, Kabila Muana Kabila, Florence Kavira et Polycarpe Mbasani, respectivement avocats aux Barreaux de Kinshasa/Gombe et Kinshasa/Matete. 

Pour la défense, « les faits reprochés à VK se fondent sur des suppositions et ne sont nullement infractionnels avec cette conséquence qu’il y a absence totale d’indices sérieux de culpabilité. Et bien plus, VK s’engage à remplir toutes les conditions qui lui seront imposées pour sa mise en liberté et offrira sa collaboration à la justice jusqu’à la clôture de l’instruction de la présente affaire ».

Cet argumentaire n’est pas du goût de l’Officier du ministère public qui souligne que l’inculpé a bien pris une part active aux opérations d’attribution des marchés publics de gré à gré lesquelles ont conduit au détournement des deniers publics. Il souligne l’impérieuse nécessité de garder VK en détention pour la poursuite de l’instruction, encore qu’il doit être confronté à plusieurs autres inculpés qui se trouvent actuellement en détention préventive à la maison d’arrêt annexe à la prison centrale de Makala.

Sur ce, Vital Kamerhe intervient pour tenter d’obtenir une inflexion de la position de l’Avocat Général. Il rappelle à l’intention du tribunal que sa mise en liberté provisoire ne présente aucun risque parce l’état d’urgence et le confinement de la commune de la Gombe ne le mettent pas en situation de se soustraire à la justice.

La parole aux juges

Son ultime plaidoirie n’emporte pas la conviction du tribunal  qui rend une ordonnance déclarant la demande de maintien en détention préventive introduite par le Ministère Public recevable et fondée en ce que les motifs évoqués par lui sont plausibles selon que le trésor public aurait déboursé des fonds importants pour l’exécution des travaux de 100 jours dont le coût global avoisinait 400.000.000 $ USD  et dans ce cadre, l’inculpé qui était superviseur des travaux est intervenu dans plusieurs opérations de passation des marchés publics de gré à gré qui sont considérées comme des détournements des deniers publics.

Il y a également lieu d’indiquer que le tribunal tient compte du fait qu’il est impérieux que le Ministère Public, qui poursuit la confrontation de l’inculpé et d’autres de ses co-inculpés qui se trouvent au lieu carcéral soit mis dans les conditions de procéder à ce devoir d’instruction sans désemparer.

Source: https://www.lephareonline.net/travaux-de-100-jours-kamerhe-le-dossier-devient-criminel/?fbclid=IwAR2jtx3tmsFDBR8S4hv8uhkWZM-6GLV08ImdZruxrVunevBDdvtA4Econxo

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