CONGO

« L’EFFONDREMENT DE L’ÉCONOMIE DU RÉGIME DU DICTATEUR DENIS SASSOU NGUESSO EST INÉLUCTABLE » D’APRÈS L’AGENCE DE NOTATION FINANCIÈRE INTERNATIONALE FITCH

La notation «CCC» reflète les fortes pressions de liquidité qui ont été exacerbées par la récente baisse des prix du pétrole et les rares options de financement. Cela reflète également la compréhension actuelle de Fitch selon laquelle les autorités se sont engagées à exclure toute dette du marché des négociations de restructuration en cours.

La chute des prix internationaux du pétrole et le choc de l’offre mondiale de pétrole exacerberont les risques de liquidité et de solvabilité étant donné la forte dépendance du Congo à l’égard des recettes pétrolières. Le secteur représentait environ 60% du PIB nominal en 2019, tandis que les recettes pétrolières représentaient 64% des recettes publiques totales et 78% des recettes du compte courant. Les investissements dans l’exploration devraient être revus à la baisse en raison de la faible demande mondiale et de la chute des prix du Brent, qui, selon nous, s’élèvera en moyenne à 35 USD / baril en 2020 après 64,1 USD / baril en 2019. Cette situation et des problèmes techniques persistants ont amené le gouvernement à réduire son objectif de production pour 2020 à 123 mmbls par an, contre 140 mmbls dans le budget initial de 2020, soit une légère augmentation par rapport au niveau de 2019 (122 mmbls).

La chute des revenus pétroliers et l’impact économique plus large du coronavirus entraîneront d’importants déficits jumeaux en 2020, après deux ans d’excédents, reflétant la volatilité exceptionnelle des soldes budgétaire et actuel du Congo, qui ont eu tendance à fluctuer fortement par le passé. Nous prévoyons un déficit budgétaire sur une base d’engagement de 5,4% du PIB, après un excédent de 8,7% en 2019. Nos prévisions supposent une baisse des recettes publiques et une augmentation des dépenses de santé mais des dépenses d’investissement inférieures aux prévisions en raison de contraintes de liquidité.

Nous prévoyons que les autorités accumuleront de nouveaux arriérés de paiement intérieurs aux fournisseurs en 2020, ce qui limitera la hausse du déficit en espèces à 3,5% du PIB. La balance courante se dégradera sensiblement avec un déficit de 20% du PIB contre un excédent de 8,2% en 2019, du fait de la baisse des recettes pétrolières et d’une baisse des exportations non pétrolières, légèrement compensée par la compression des importations.

Les financements identifiés seront insuffisants pour financer la montée en flèche des besoins de financement budgétaire et extérieur, estimés respectivement à 22% du PIB et 33% du PIB en 2020. Ces estimations incluent les remboursements de la dette pétrolière prépayée non garantie de la compagnie pétrolière nationale SNPC (6,8% du PIB) servie sur la part du gouvernement dans la production pétrolière. Le financement identifié, y compris les prêts extérieurs, une émission d’obligations nationales, un décaissement retardé de la Banque africaine de développement (BAD) et un financement d’urgence de la Banque mondiale et de la Banque de développement de l’Afrique centrale couvriront respectivement 24% et 10% des besoins de financement budgétaire et extérieur .

Il pourrait être difficile de trouver des financements officiels supplémentaires pour les créanciers. La première revue du programme du FMI, initialement prévue en décembre 2019, est suspendue essentiellement en raison de progrès insuffisants dans les négociations avec les négociants pétroliers tandis que les prêts de la France, de la Banque mondiale et de la BAD sont directement ou indirectement conditionnés au respect d’un programme du FMI .

En outre, l’accès à la Facilité de crédit rapide (FRC) du FMI nécessite que la dette souveraine soit en voie de devenir viable tout en bénéficiant de l’initiative de suspension du service de la dette (DSSI) du G20 est conditionnelle à la demande du FRC. Cependant, la crise pandémique aurait pu rendre les créanciers officiels plus indulgents. Un gel des avances statutaires de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) depuis 2016 couplé à un marché régional peu profond implique que les options de financement en monnaie locale sont limitées.

Afin d’atteindre l’objectif du programme du FMI de réduire la valeur actuelle (PV) de la dette publique en dessous de 35% du PIB en 2025 contre une estimation de PV de 74,4% du PIB en 2019, le Congo renégocie la dette pétrolière prépayée de la SNPC (21% du PIB en avril 2020), que le FMI inclut dans le calcul PV, bien qu’ils ne soient pas garantis par le souverain. En avril 2020, le gouvernement est parvenu à un accord sur la part de la dette pétrolière due à Orion (1% du PIB après la restructuration), comprenant une décote de 30% et le remboursement du solde sur quatre ans. Les discussions sur la restructuration de la dette due aux deux autres négociants pétroliers (20% du PIB en avril 2020) sont en cours.

En supposant un décaissement annuel du FMI de 100% du quota, ainsi que la pleine matérialisation de prêts créditeurs supplémentaires, le Congo serait toujours confronté à un déficit de financement budgétaire de 10,5% du PIB. Le DSSI du G20 permettrait d’alléger les besoins de financement de 4,5% supplémentaires du PIB, mais la portée du service de la dette potentiellement éligible reste incertaine car la majeure partie des remboursements bilatéraux en 2020 est déjà le résultat d’un accord de rééchelonnement avec la Chine en avril 2019.

Nous supposons que le gouvernement comblera le déficit de financement en suspendant les remboursements de la dette dus aux négociants pétroliers (6,4% du PIB hors Orion) et avec des créanciers officiels supplémentaires ou un financement intérieur (0,4% du PIB). Si le gouvernement n’obtient pas de financement du FMI et de créanciers officiels supplémentaires, nous supposons qu’il suspendra également le paiement de la dette publique des créanciers, ainsi que des arriérés intérieurs supplémentaires.

Traduction: La Rédaction JEMINFORMETV.COM

Source: https://www.fitchratings.com/research/sovereigns/fitch-affirms-republic-of-congo-at-ccc-15-05-2020?fbclid=IwAR0CCcpvh_WfzhqFgIodVFNQUARcnkPjBBWst_inCSrV7OZJYcT_hhdKh3s

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