MONDE

L’EUROPE, L’ÉCHEC D’UNE UNION

Le fédéralisme européen ne marche pas. N’en déplaise aux dogmatiques qui ne jurent que par « l’intégration européenne » depuis plus de 70 ans, quels que soient les pseudos victoires qu’ils aient pu croire remportées en trompant les peuples européens sur la finalité des actions entreprises, ils se sont plantés.

Le fol espoir de la victoire de Maastricht

La période de Gaulle qui, il faut le reconnaître, ne les a pas ménagés, leur avait imposé un silence tacite. Pas d’affrontement facial avec le Général, trop puissant pour eux. Alors, ils ont tergiversé, patienté, mis le profil bas en espérant des jours meilleurs pour leur projet. L’arrivée aux affaires de Giscard, secondé par Barre en 1976, relança cette mécanique intégrationniste. Pas d’avenir pour l’Europe sans une intégration la plus poussée possible, le mot de « fédéralisme » étant banni de leur vocabulaire. Les éléments de langage ont suivi, les conseils en communication en ayant élaboré avec un soin jaloux chaque terme. Lentement, presque insidieusement, se mit en route l’opération qui devait pourtant, du moins dans l’esprit de ses promoteurs, imposer le fédéralisme sans jamais qu’il y soit fait la moindre allusion.

Dès le début des années 1970, apparût le « serpent monétaire européen », conçu par une technique analogue à celle d’un « rendez-vous orbital ». Les monnaies européennes se devaient de converger les unes vers les autres, certes avec une certaine marge de fluctuation, avant de s’aligner pour l’amarrage. Après avoir vanté les mérites de la monnaie unique en évitant soigneusement les effets néfastes qu’elle allait entraîner, le traité de Maastricht fut adopté en 1992. Pour être sûr que personne ne pourrait s’échapper de la « prison euro », ses promoteurs n’avaient prévu aucune sortie possible pour les pays ayant adoptés cette monnaie. Les fédéralistes étaient alors certains d’avoir gagné.

Le coup de tonnerre de 2005

Pour parachever Maastricht, et concrétiser le fédéralisme latent, il fallait une constitution afin de créer un véritable État fédéral. Les choses se gâtèrent lorsque les peuples réalisèrent qu’on allait faire un État sans peuple. Il y avait des peuples européens, chacun avec son histoire, sa culture, ses traditions, mais pas de peuple européen, donc pas de nation européenne possible. Alors qu’ils croyaient avoir gagné la partie, les fédéralistes durent repartir au combat, du moins dans les pays où le référendum était prévu. Certains dirigeants politiques, notamment en France, n’hésitèrent pas à trahir leur peuple et leur constitution en « bricolant » un traité qui reprenait mot pour mot le traité constitutionnel mais s’appelait autrement. Victoire provisoire, car de cette forfaiture éclatait la vérité. L’Europe n’était pas démocratique et n’entendait pas le devenir. On nous avait imposé une monnaie unique, mais le « plus si affinité » avait foiré. Après 2005, la machine à détruire l’Europe fédérale était en route, et le fossé entre les élites dirigeantes et les peuples qui ne voulaient plus les subir n’allait cesser de se creuser.

2008 : l’épreuve de vérité

La crise financière de 2008 allait montrer le vrai visage de l’Union Européenne. Conséquence de la crise américaine des « subprimes », elle mettait un véritable coup de projecteur sur le système financier mondialisé et de son absence totale de réglementation. Le concept du « too big to fail », en totale contradiction avec les « valeurs du libéralisme » dont on nous soûlait depuis des décennies, démontrait amplement les pièges de la mondialisation, dont l’Europe n’était finalement qu’une sorte « d’appartement témoin ». Ce n’était qu’une zone de libre-échange ouverte à tous les vents, aux contours incertains et sans aucun pouvoir politique.

Le piège de Maastricht et de ses critères dits « de convergence » se refermait sur les économies les plus fragiles et les plans d’austérité, rendus nécessaires en raison de l’impossibilité de dévaluer la monnaie, eurent des effets catastrophiques sur l’emploi, le développement et les perspectives de retour à une vie meilleure pour les peuples. Alors que la solidarité européenne aurait dû se manifester, attribut indispensable d’un véritable État fédéral, ce fût un « chacun pour soi » dont la conséquence logique ne pouvait être qu’une remise en question totale des fondements de l’Union Européenne. Du moins si construire cette union avait été le véritable objectif, ce qui n’était visiblement pas le cas. Le simple bon sens aurait conduit à rebâtir une confédération européenne basée sur le respects des souverainetés nationales et de leurs attributs, tout en recherchant des coopérations efficaces entre les pays du continent de façon à assurer à tous un développement harmonieux. Bref, une Europe à la « de Gaulle »

Exclue d’entrée de jeu, cette option était incompatible avec la disparition des souverainetés nationales, objectif principal non avoué de la construction euro-mondialiste.

Les peuples se réapproprient leurs destins.

La période 2010-2019 est marquée sur le plan européen par un retour en force des peuples sur le terrain européen, avec les victoires électorales des « populistes » (autre élément de langage des communicants) et surtout le Brexit, issu d’un référendum de 2016, et devenu effectif seulement début 2020, ce qui en dit long sur le fonctionnement de l’UE. Des lignes de séparations apparurent dès 2015, notamment sur l’affaire des flux migratoires avec les pays du groupe de Visegrad et, le moins qu’on puisse dire, est que la divergence des États européens constituait un pas supplémentaire dans la « désunion européenne »

2017 est marqué par l’entrée de Donald Trump à la Maison Blanche. Il porte un coup fatal aux accords de Paris de la COP 21. En retirant les États-Unis de ces accords, il affirme son climato-scepticisme et déclare la guerre aux mondialistes.

En 2019, il rapatrie les soldats américains présents en Syrie et en Afghanistan, jetant le trouble dans les pays de l’OTAN, OTAN que le président Macron déclare lui-même en « état de mort cérébrale »

(décidément, de Gaulle a eu raison sur toute la ligne)

La crise du coronavirus

Début 2020, l’épidémie du coronavirus se traduisit par un retour sans précédent des intérêts nationaux. Que ce soit sur le plan sanitaire où, malgré le traité de Schengen, chacun s’empressa (hormis la France) de refermer fissa ses frontières, malgré les dénégations des euro-mondialistes se gargarisant du fait qu’un virus ne pouvait être contrôlé aux frontières. Que ce soit sur le plan de la solidarité européenne ou les images tournant en boucle montrant l’aide que Cuba, la Chine et la Russie, fournissant par avions cargo et médicalisés l’aide à l’Italie que les autres pays européens ne pouvaient lui fournir.

Que ce soit également sur le plan économique et financier, en raison d’un confinement paralysant faisant chuter dramatiquement l’économie des pays les moins prévoyants et les plus touchés par l’austérité imposée par le respects des traités européens, lesquels étaient pourtant joyeusement contournés depuis plusieurs années, y compris par les institutions européennes.

Certains, dont le président français, tentent de se servir du coronavirus comme d’un levier pour peser sur l’intégration européenne, pensant peut-être qu’il s’agissait de la dernière chance pour établir le fédéralisme européen. L’idée générale peut se résumer à : « le fédéralisme ou l’éclatement ». Le moyen envisagé est la mutualisation des dettes publiques des États de la zone euro. Ce vieux rêve se heurte depuis 2008 et l’affaire des « eurobonds » à l’hostilité des Allemands et plus généralement de leurs paysd’influence qui sont les « bons élèves de la zone » qui ne veulent pas payer pour les autres. Après l’échec des coronabonds et la tentative d’engager le MES qui n’a pas prospéré, le « couple Franco Allemand » (existe-t-il vraiment ?) tente d’engager en désespoir de cause un emprunt de 750 milliards d’euros qui serait fait au nom de la Commission Européenne (peut-elle le faire sans modifier les traités?) de façon à tenter d’empêcher l’insolvabilité des pays du Sud de l’Europe. Ce projet de la dernière chance semble mal engagé car il nécessite un vote à l’unanimité qui a peu de chances d’aboutir.

L’ombre de Karlsruhe

Le 04 mai, la Cour Constitutionnelle adressait un ultimatum à la la BCE. Celle-ci doit démontrer avant le 04 aout 2020 que la création monétaire ex-nihilo de près de 3500 milliards d’euros est en conformité avec les traités européens. Ceux-ci restreignent le champ d’action de la BCE au seul contrôle de l’inflation dans la zone euro et stipulent que les actions engagées par la BCE doivent satisfaire un critère de proportionnalité avec le résultat à obtenir, ce qui ne semble pas être le cas, malgré l’opinion de la Cour de Justice Européenne.

Cette menace pèse de plus en plus lourd, et vient encore oblitérer davantage les chances de survie de cette Union Européenne moribonde.

On ne peut que déplorer une fois de plus l’absence totale d’une vision alternative plus conforme aux aspirations des peuples qui pourrait garantir leur souveraineté et celles des États tout en donnant à l’ensemble ainsi constitué et basé sur des coopérations internationales le poids politique nécessaire pour se faire respecter par le reste du monde, lui aussi en train d’évoluer.

L’affrontement entre les tenants de la mondialisation et de l’établissement d’un gouvernement mondial financé par la « taxe carbone » et ceux qui défendent la souveraineté des Etats (pourtant inscrite dans la charte de l’ONU) est en train de tourner à l’avantage de ces derniers et pour l’Europe telle qu’elle est vers un définitif  « échec et mat »

Source: Jean Goychman

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