AFRIQUE

SOMMET DE NOUAKCHOTT, LA MARCHE FORCÉE DE LA FRANCE AU SAHEL

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Il y a trois ans déjà (2017-2019), au moment des intenses combats entre les deux blocs impérialistes au Moyen-Orient terrorisé (Syrie – Irak – Afghanistan – Yémen – Arabie Saoudite – Turquie – EAU – Liban – Palestine – Iran – Israël), nous avions indiqué que l’on assistait – à travers ce baroud d’honneur, au retrait et à la défaite dans cette région pétrolière stratégique de l’Empire Atlantique mené par l’ex-hégémonique puissance américaine. Les États-Unis s’étaient résolus disions-nous alors à relocaliser le gros de leurs forces militaires de cette région, de moins en moins stratégique, vers l’Asie-Pacifique-Mer-de-Chine désormais l’épicentre de l’économie mondiale. Nous avions aussi indiqué que l’Empire Atlantique en déclin allait poursuivre ses malversations dans cette région, mais par d’autres voies et moyens (financiers, monétaires, commerciaux, sanctions, etc.) Enfin, nous avions subodoré que l’Afrique, le dernier continent à se repartager (marchés, ressources naturelles, industrialisation et exploitation d’une main-d’œuvre à former) allait subir les agressions multiples des trois blocs impérialistes (États-Unis-Atlantique – Chine-Russie – Union européenne). Voici trois articles de Luc Michel qui présentent quelques récentes malversations de ces superpuissances en Afrique – avec la complicité des États nationaux africains qui vendent au plus offrant et la chair à patron et la chair à canon et les ressources nationales…non sans faire monter les enchères et le montant des prébendes et des « aides » financières et militaires (sic).

À Nouakchott, la sécurité du Sahel en question

par Luc Michel.

Comment la France en perte de vitesse partout en Afrique saharienne – Défaite dans la Guerre du Sahel, Perte d’influence en Libye face à la Turquie, Trahison de Trump, Blocage du dossier Cedeao-Eco-FrancCFA) – cherche à ne pas apparaître isolée !

Les pays du G5 et leurs partenaires internationaux se sont retrouvés à Nouakchott ce mardi 30 juin. Le sommet qui cherche à faire le point des engagements pris en France, il y a six mois à Pau, se tient dans un contexte de forte contestation politique anti-française au Mali, au Niger et au Burkina Faso, ainsi que de dégradation de la situation sécuritaire notamment au Burkina Faso. Sans oublier les critiques et le mécontentement du Tchad …

Entre les réunions de Pau et Nouakchott, l’élimination théâtralisée, le 3 juin, d’Abdelmalek Droukdal, chef d’Al-Qaïda au Maghreb n’est pas à minorer même s’il est difficile d’estimer l’impact qu’aura la restructuration d’Aqmi sur les opérations des groupes qui lui sont affiliés tels que le GSIM et donc par ricochet sur la stratégie de lutte anti-terroriste menée au Sahel.

Le chef de l’État français qui a fait le déplacement en Mauritanie ne manquera pas d’écouter ses pairs africains. Les discussions seront ensuite élargies en visio-conférence aux dirigeants italien (alliés à la Turquie et aux islamistes de Tripoli contre Paris en Libye …) et allemand. Ce sera l’occasion de faire un point sur la stratégie engagée, il y a près de six mois, lors de la dernière réunion à Pau, dans le sud-ouest de la France. Un semestre qui, du point de vue français, aurait « été propice pour l’opération Barkhane ». Le sommet de Pau avait acté au mois de janvier « une meilleure coordination entre Barkhane et les armées nationales ». « Ces six derniers mois ont par ailleurs confirmé l’effondrement sécuritaire du Burkina Faso », affirment les médias français. « Toutes les provinces sont touchées » résume Mahamadou Sawadogo, spécialiste des questions d’extrémisme violent.

Le Burkina « affaibli est devenu un couloir pour les djihadistes qui progressent vers les pays du golfe de Guinée. La Côte d’Ivoire n’est pas épargnée comme l’a prouvé à nouveau l’attaque de Kafolo ».

Lorsque la France et ses partenaires sahéliens se sont retrouvés à Pau, le 13 janvier dernier, l’ambiance n’était pas à l’optimisme après plusieurs mois de difficultés sur le terrain. Emmanuel Macron demandera avec arrogance alors à ses homologues de confirmer leur soutien à l’engagement français, lors de cette réunion qui passera souvent, dans l’opinion publique sahélienne, pour une « convocation » élyséenne des dirigeants africains. À Pau, des priorités ont également été définies contre un ennemi, l’État islamique au grand Sahara (EIGS), et dans une région, celle des « trois frontières » (Mali, Niger, Burkina). Six mois plus tard, les acquis sont « fragiles » (dixit l’Élysée) et ténus, l’état d’esprit anti-français se renforce parmi les populations et pourtant on n’hésite pas à dire au cabinet présidentiel que « la victoire est possible » au Sahel …

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La France a-t-elle déjà perdu la guerre du Sahel contre les Djihadistes ?

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Quand la France tente de nier qu’elle a perdu la guerre au Sahel

Une force d’occupation en l’occurrence occidentale, quand elle s’empare d’un État, d’un pays, d’une terre, elle le vampirise, son objectif étant moins de s’adapter au contexte que d’imposer ses règles et diktats au pays occupé. Qu’elle soit amenée par la force des choses à changer de formes, à s’imposer des modifications aussi bien dans la parole que dans l’acte, cela veut dire qu’elle a loupé son objectif. C’est ce qui arrive à Barkhane, qui, bien agonisante, peine à se rendre à l’évidence. À Nouakchott, capitale mauritanienne où s’est déplacé Macron pour sa première visite post dé-confinement, la défaite de l’occupation française a été bien palpable. Un discours parfaitement prosaïque marqué par : « les efforts se poursuivent, les progrès sont significatifs, mais restent insuffisants »… La réalité est que l’Occident a échoué face à la volonté des Maliens, des Nigériens, des Tchadiens, des Burkinabés de ne pas voir le Sahel se transformer en une nouvelle Libye. Même la Mauritanie n’a pas fait le jeu des colonialistes qui voulaient détourner l’argument touareg comme un moyen de dislocation du grand Mali. D’où cette décision de la force Barkhane qui selon RFI, a changé son mode d’action : « Renforcée par 500 hommes, la mission Barkhane a multiplié les opérations et modifié son mode d’action. Ainsi, pour déloger les groupes terroristes, il a été décidé qu’il y aurait désormais moins de patrouilles composées de convois lourds et lents – cibles des mines artisanales -, mais plutôt une présence sur le temps long, ce que les militaires appellent la « permanentisation ». Dans les faits, les légionnaires du 2e REP ont été désignés pour s’accrocher au terrain, en totale autonomie, un engagement extrêmement rustique, sur plusieurs semaines et solidement coordonné avec les armées régionales, comme cela avait été décidé en janvier dernier. C’est ridicule. Le lecteur averti voit très clairement une force d’occupation défaite qui cherche à s’accrocher aux oripeaux d’une stratégie en déroute, lui inventant toute sorte d’appellations : même en français, permanentisation sonne faux !

Désormais, Paris veut également une « consolidation » des gains militaires via des avancées concrètes sur l’autonomie des armées nationales, sur le redéploiement des États dans les zones instables et sur la concrétisation de projets ciblés de développement, note RFI. C’est de loin la partie la plus cuisante de l’aveu d’échec de Barkhane : la France et ses alliés de Takuba ont tout fait et font tout pour mettre en pièces les forces de défense nationale africaines, mais leurs années d’efforts ne valent rien face à cette phrase : « autonomie des armées nationales »… Eh bien non, chère France. Les armées ouest-africaines ne sont pas autonomes. Elles sont bien indépendantes et souveraines. Sinon comment expliquer que la force Barkhane ait fini par se tirer des zones maliennes qu’elles occupaient auparavant, qu’elle soit désormais, si prudente, si hésitante, si craintive à l’idée d’un plus grand engagement.

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Comment Israël cible et déstabilise l’Éthiopie
Qui veut mettre l’Éthiopie sens dessus dessous et pourquoi ?

Des manifestations ont éclaté, mardi 30 juin, dans plusieurs villes du pays suite à l’assassinat lundi soir d’un célèbre militant et chanteur oromo, Hachalu Hundessa. Des affrontements ont opposé militants de la cause oromo aux forces de sécurité, dit RFI avant d’ajouter : « Hachalu Hundessa est mort à l’hôpital dans la nuit. L’image de son corps sous une couverture a très vite circulé sur les réseaux sociaux. Le Premier ministre Abiy Ahmed, lui-même oromo, mais contesté au sein de sa nation d’origine, a aussitôt exprimé son « chagrin » … ». Les insinuations dans le texte sont bien claires : cet assassinat est-il sur le point d’être politisé ? Bien probable dans la mesure où une déstabilisation politique à connotation ethnique serait la bienvenue dans une Éthiopie qui tente de se montrer plutôt conciliante vis-à-vis de l’Égypte et du Soudan dans le dossier du barrage de Renaissance. Pour une OTAN qui a tout à l’effet de transformer la Libye en un bourbier pour l’Égypte et l’Algérie, le PM éthiopien est trop « mou ». Mais qui tire profit d’une guerre Éthiopie/Égypte si celle-ci a lieu ?

Depuis que l’Éthiopie a démarré les travaux de construction d’un méga-barrage sur le Nil bleu, le plus grand fleuve d’Afrique en 2011, Addis-Abeba et Le Caire ont eu de multiples négociations sur le sujet contentieux. Des négociations qui ont capoté jusqu’à présent. Entre les deux pays de la Corne de l’Afrique, on dit qu’il y a une impasse sur le Nil et le différend pourrait même conduire à un conflit militaire. Et si cette impasse était une œuvre israélienne ? Après tout, le régime factice cherche à s’emparer des eaux du Nil pour satisfaire les besoins des futures colonies dans les territoires occupés.

La crise de l’eau, Israël la connaît depuis des années. D’où ses efforts destinés à détourner par Éthiopie interposée les eaux du Nil : une obligation pour en alimenter les colonies de peuplement à venir. Les médias israéliens ont rapporté ces dernières années que bon nombre de lacs, de fleuves et de sources d’eau souterraines sur les territoires occupés ont atteint leur niveau le plus bas en 20 ans ; le lac de Tibériade qui fournit une grande quantité de la consommation des colons a dangereusement atteint un niveau virant au rouge. Quelque 600 millions de mètres cubes d’eau par an sont nécessaires pour altérer les colonies actuelles et à venir sans quoi l’entité sioniste connaîtra une crise économique et sociale majeure à franchir.

Quoi de mieux donc que de créer un différend interafricain et d’en profiter pour atteindre son but : la divergence éclatée entre l’Égypte et l’Éthiopie sur le barrage de la Renaissance a été donc saisie comme du pain béni. En Éthiopie, Israël maintient une forte présence ce qui lui permet de revenir sur le projet du transfert des eaux du Nil vers les territoires occupés, sans susciter trop de susceptibilité…

Modification: La Rédaction JEMINFORMETV.COM

Source : Robert Bibeau

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