CULTURE

L’INÉVITABLE EFFONDREMENT DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE ROMAINE

Mgr Schneider: «Aujourd’hui, l’Église de Rome se trouve dans un… effondrement spirituel»

L’évêque Athanasius Schneider a exprimé son chagrin face à la dernière encyclique du pape François  Fratelli Tutti , notant qu’elle «manque d’un horizon clairement surnaturel», déforme saint François et renforce la confusion théologique créée par le pape François avec son Abu Déclaration de Dhabi.  

Réfléchissant à l’époque de saint François où le saint a été appelé par le Christ à reconstruire l’Église, l’archevêque Schneider dit: «Aujourd’hui, l’Église de Rome se trouve dans une situation similaire d’effondrement spirituel, en raison de la torpeur spirituelle Bergers de l’Église, l’absorption excessive du Pape lui-même dans les affaires temporelles, et ses efforts pour faire renaître une aspiration universelle à une fraternité de ce monde et naturaliste. 

Dans une nouvelle interview avec The Remnant , Mgr Schneider dit: «Le Pape François présente Saint François comme s’il avait été un partisan de la diversité des religions. L’évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan souligne plutôt que saint François était tout au sujet de la conversion des gens à la seule vraie foi. Pour faire valoir son point de vue, Mgr Schneider cite la description par le pape Pie XI de saint François comme un homme qui «s’est mis personnellement à l’œuvre et a commandé à ses disciples de s’occuper avant tout de la conversion des païens à la foi et à la loi du Christ. (souligné dans l’original) 

Plutôt que de corriger le relativisme religieux qui ravageait la déclaration controversée du Pape d’Abou Dhabi, qui affirmait à tort que «le pluralisme et la diversité des religions» étaient «voulus par Dieu dans sa sagesse», le Pape, selon Mgr Schneider, «n’a pas Abu Dhabi, mais l’a solidifié. 

«Cela aurait été très bénéfique si  Fratelli Tutti avait  souligné la nécessité pour tous les hommes de croire en Jésus-Christ, Dieu et homme, afin de trouver la source indispensable de la vraie fraternité et la clé pour résoudre les problèmes des sociétés temporelles.

Voici quelques autres faits saillants de l’interview de Mgr Schneider: 

  • La vérité que Notre Seigneur a révélée, et que Son Église a constamment et constamment proclamée, reste à jamais valable: «Le principal devoir de tous les hommes est de s’accrocher à la religion à la fois dans sa portée et dans sa pratique, et non à la religion pour laquelle ils pourraient avoir une préférence mais la religion que Dieu enjoint, et que certaines marques les plus claires montrent comme étant la seule vraie religion »(Pape Léon XIII, Encyclique Immortale Dei, 4). 
  • Chaque catholique et tous les bergers de l’Église, en premier lieu le Pape, doivent brûler de zèle et d’amour pour tous ceux qui, malheureusement, ne sont que nos frères selon la chair et le sang, afin qu’ils puissent naître de Dieu dans la filiation surnaturelle. en Christ, et devenez vraiment frères en Christ. Si les dirigeants de l’Église de nos jours se contentent de la fraternité de chair et de sang, de «fratelli tutti» en chair et en os, ils négligent le commandement de Dieu dans l’Évangile, c’est-à-dire le commandement de faire des membres de toutes les nations et religions des disciples du Christ , fils dans le Fils unique de Dieu, frères en Christ, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur enseignant à observer tout ce que le Christ a commandé (voir Mt 25: 19-20). Un tel zèle est, pour une âme chrétienne, l’expression la plus profonde de l’amour du prochain: l’aimer comme vous vous aimez. Si votre filiation divine en Christ représente pour vous le plus grand don imaginable de Dieu – ce qu’il est vraiment – alors vous manquez du véritable amour et de la charité pour votre prochain si vous ne brûlez pas du désir de lui communiquer ce don, bien sûr avec délicatesse et respect.  
  • La nouvelle encyclique aggrave le naturalisme qui règne aujourd’hui dans l’Église, qui peut être décrit comme un manque d’amour pour la Croix du Christ, pour la prière, un manque de conscience de la gravité du péché et la nécessité de la réparation. 
  • Les similitudes et les chevauchements entre l’idée franc-maçonnique de la fraternité et celle proposée dans Fratelli Tutti sont frappantes. En substance, le pape François présente une fraternité purement terrestre et temporelle de chair et de sang au niveau naturel. C’est finalement une fraternité basée et née du premier Adam, et non du Christ, le nouvel Adam.  
  • Combien il aurait été nécessaire et bénéfique, pour toute l’humanité, que le pape François ait proclamé dans cette encyclique sociale ce que tous les apôtres, pères de l’Église et papes avaient fait, déclarant aux hommes de toutes les nations et religions cette vérité: Le plus grand avantage et le plus grand bonheur est d’accepter Jésus-Christ, Dieu et homme, le seul Sauveur et de croire en lui.  

Lisez ci-dessous pour l’interview complète:

Diane Montagna: Excellence, quelles sont vos impressions générales sur la nouvelle encyclique du pape François, Fratelli Tutti?

Mgr Schneider: Cette nouvelle encyclique donne l’impression générale d’être une instruction de longue haleine sur l’éthique de la coexistence pacifique basée sur les termes clés de «fraternité» et d ‘«amour» compris dans une perspective fortement temporelle et hautement politique, dans l’ordre «contribuer à la renaissance d’une aspiration universelle à la fraternité» (Fratelli Tutti, n. 8). Bien que l’encyclique utilise des passages clés de l’Évangile, tels que la parabole du Bon Samaritain (voir Luc 10: 25-37) et les paroles du Christ dans le Jugement dernier, qui s’identifie à ceux qui en ont besoin comme «le moindre de mes frères »(voir Mt 25, 40), il applique leur sens, néanmoins, dans un horizon plus humaniste et de ce monde. Vue dans son ensemble, l’encyclique n’a pas d’horizon clairement surnaturel; il ne fait aucune référence à des mots tels que «surnaturel», «Incarnation», «Rédempteur»,

Tout en affirmant de façon louable que «le Christ a versé son sang pour chacun de nous et que personne n’est au-delà de la portée de son amour universel» (n. 85), l’encyclique réduit alors malheureusement le sens de la rédemption surnaturelle à la perspective nébuleuse et profane d’un «Communion universelle». Il se lit comme suit: «Pour la pensée chrétienne et pour l’action de l’Église, la primauté accordée à la relation, à la rencontre avec le mystère sacré de l’autre, à la communion universelle avec toute la famille humaine, [naît] comme vocation de tous» (n. 277). La primauté, cependant, dans toutes les relations humaines, doit être donnée à la rencontre avec Jésus-Christ, le Dieu-Homme, et avec la Sainte Trinité, par la grâce sanctifiante et le don de la vertu surnaturelle de l’amour. Le pape François déclare à juste titre dans Fratelli Tutti, n. 85: «Si nous allons à la source ultime de cet amour qui est la vie même du Dieu trinitaire, nous rencontrons dans la communauté des trois Personnes divines l’origine et le modèle parfait de toute vie en société. Ailleurs, il dit: «D’autres boivent d’autres sources. Pour nous, la source de la dignité humaine et de la fraternité est dans l’Évangile de Jésus-Christ »(n. 277). Cependant, la dignité humaine parfaite et la fraternité pour tous les êtres humains ne peuvent avoir qu’une seule source, et c’est Jésus-Christ, car ce n’est que par le Fils incarné de Dieu que la dignité humaine a été restaurée encore plus admirablement qu’elle n’a été créée (Ordre de messe , Prière à l’offertoire). Il aurait été très utile que Fratelli Tutti ait souligné la nécessité pour tous les hommes de croire en Jésus-Christ, Dieu et l’homme,

Le Pape François ouvre la nouvelle encyclique en notant que son titre, «Fratelli Tutti», est tiré des «Admonitions» de saint François, adressées à ses confrères. Vous avez dit dans votre livre Christus Vincit que saint François vous a inspiré à suivre le Christ dans la vie religieuse. Selon vous, l’utilisation de ces textes par le pape François est-elle fidèle au sens de saint François?

Mgr Schneider: Le Pape François utilise ici l’expression «Fratelli Tutti» (tous frères) d’une manière clairement différente de celle de saint François. Pour saint François, «tous les frères» sont ceux qui suivent et imitent le Christ, c’est-à-dire tous les chrétiens, et certainement pas simplement tous les hommes, et encore moins les adeptes des religions non chrétiennes. Nous pouvons voir cela en regardant le contexte plus complet d’où ces mots sont tirés;

Considérons tous, frères, le Bon Pasteur qui, pour sauver ses brebis, a porté la souffrance de la croix. Les brebis du Seigneur le suivirent dans la tribulation, la persécution et la honte, la faim et la soif, l’infirmité et les tentations et de toutes autres manières; 1 et pour ces choses, ils ont reçu la vie éternelle du Seigneur. C’est pourquoi c’est une grande honte pour nous, les serviteurs de Dieu, que, alors que les saints ont pratiqué des œuvres, nous devrions nous attendre à recevoir honneur et gloire pour la lecture et la prédication »(Admonitions, 6).

En effet, saint François n’a «aplanit les fautes d’aucun, mais les a frappés, ni flatté la vie des pécheurs, mais l’a plutôt visé avec des reproches sévères. Aux grands et aux petits, il a parlé avec le même esprit ferme »(Legenda Maior, 12, 8) Le pape François présente saint François comme s’il avait été un partisan de la diversité des religions. Le but de la visite de saint François au sultan Malik-el-Kamil en Égypte n’était cependant pas de montrer «son ouverture de cœur, qui ne connaissait pas de limites et transcendait les différences de religion» (Fratelli Tutti, n. 3). Son but précis était plutôt de prêcher au sultan l’Évangile de Jésus-Christ. Il faut regretter que le pape François réduise saint François dans Fratelli Tutti à un homme qui «cherchait à embrasser tout le monde» et comme un exemple «d’une humble et fraternelle« soumission »à ceux qui ne partageaient pas sa foi» (n. 3) . St. Bonaventure atteste dans la Legenda Maior que saint François a explicitement prêché l’Évangile au sultan, l’invitant ainsi que tout son peuple à se convertir au Christ, en écrivant: «Avec une telle fermeté d’esprit, avec un tel courage d’âme et avec une telle ferveur d’esprit il a prêché au Sultan Dieu Trois et Un et au Sauveur de tous, Jésus-Christ »(Legenda Maior, 9, 8). De plus, pendant que saint François prêchait l’Évangile au sultan, il a envoyé cinq frères prêcher l’Évangile aux musulmans d’Espagne et du Maroc. Quand saint François a appris la nouvelle de leur martyre, il s’est écrié: «Maintenant, je peux vraiment dire que j’ai cinq frères» (Analecta Franciscana, III, 596). avec un tel courage d’âme et avec une telle ferveur d’esprit, il a prêché au Sultan Dieu Trois et Un et le Sauveur de tous, Jésus-Christ »(Legenda Maior, 9, 8). De plus, pendant que saint François prêchait l’Évangile au sultan, il a envoyé cinq frères prêcher l’Évangile aux musulmans d’Espagne et du Maroc. Lorsque saint François a appris la nouvelle de leur martyre, il s’est écrié: «Maintenant, je peux vraiment dire que j’ai cinq frères» (Analecta Franciscana, III, 596). avec un tel courage d’âme et avec une telle ferveur d’esprit, il a prêché au Sultan Dieu Trois et Un et le Sauveur de tous, Jésus-Christ »(Legenda Maior, 9, 8). De plus, pendant que saint François prêchait l’Évangile au sultan, il a envoyé cinq frères prêcher l’Évangile aux musulmans d’Espagne et du Maroc. Lorsque saint François a appris la nouvelle de leur martyre, il s’est écrié: «Maintenant, je peux vraiment dire que j’ai cinq frères» (Analecta Franciscana, III, 596).

Toute la tradition catholique a toujours présenté saint François comme un saint apostolique et véritablement missionnaire. Le pape Pie XI a écrit: «St. François était un homme véritablement catholique et apostolique, de la même manière admirable qu’il avait assisté à la réforme des fidèles, ainsi se mit personnellement en marche et commanda à ses disciples de s’occuper avant tout de la conversion des païens aux Foi et loi du Christ. » (Rite encyclique Expiatis, 37)

Selon vous, quels sont les points forts ou les éléments positifs de cette nouvelle encyclique?

Mgr Schneider: L’un des passages les plus lumineux et théologiquement sains de Fratelli Tutti est l’affirmation suivante du Pape François: «Si nous allons à la source ultime de cet amour qui est la vie même du Dieu trinitaire, nous rencontrons dans la communauté de les trois Personnes divines sont l’origine et le modèle parfait de toute vie en société »(n. 85). Cette affirmation est une vraie lumière au milieu de l’horizon naturaliste étroit, du relativisme religieux et de la perspective surnaturelle déficiente de cette encyclique. Un autre élément important est le rejet par le pape François de toute tentative de construire une société contre le plan de Dieu. Il écrit: «La tentative de construire une tour (Tour de Babel)… était une tentative malavisée, née de l’orgueil et de l’ambition, de créer une autre unité que celle voulue par Dieu dans son plan providentiel pour les nations (cf. Gn 11: 1-9) »(n. 144). Tout aussi significatives sont les déclarations suivantes, qui reflètent l’enseignement du pape Benoît XVI: «Sans vérité, l’émotion manque de contenu relationnel et social» (n. 184); «La charité a besoin de la lumière de la vérité que nous cherchons constamment. «Cette lumière est à la fois la lumière de la raison et la lumière de la foi (Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in Veritate)» et n’admet aucune forme de relativisme »(n. 185). Le Pape François rappelle également l’importance de vérités objectives toujours valables, fondées sur la nature humaine selon le plan de Dieu dans la création, affirmant qu’il y a «des vérités fondamentales à toujours défendre,… elles transcendent nos situations concrètes et restent non négociables,… en eux-mêmes, ils sont tenus pour durables en raison de leur signification inhérente »(n. 211), et qu ‘« il n’y a donc pas lieu de s’opposer aux intérêts de la société,

Par ailleurs, Fratelli Tutti met en garde contre un faux universalisme et le virus d’un individualisme radical (voir n. 100). À cet égard, le Pape François écrit: «Un modèle de mondialisation vise en fait consciemment à une uniformité unidimensionnelle et cherche à éliminer toutes les différences et traditions dans une quête superficielle d’unité… Si un certain type de mondialisation prétend rendre tout le monde uniforme, pour niveler tout le monde, que la mondialisation détruit les riches dons et le caractère unique de chaque personne et de chaque peuple »(n. 100). Les déclarations suivantes dans Fratelli Tutti visent également à protéger le droit des nations à leur propre identité et traditions: «Il ne peut y avoir d’ouverture entre les peuples que sur la base de l’amour pour sa propre terre, son propre peuple, ses propres racines culturelles» ( n. 143); «Je ne peux accueillir d’autres qui sont différents… que si je suis fermement enraciné dans mon peuple et ma culture» (n. 143); et «le bien commun exige également que nous protégions et aimions notre terre natale» (n. 143). Fratelli Tutti parle également à juste titre du «droit à la propriété privée et de sa signification sociale» (n. 123).

Le pape François élève la voix contre une société inhumaine, qui n’accepte que les forts et les sains et méprise et élimine ceux qui sont malades et faibles. Il écrit: «Les gens ont ce droit même s’ils sont improductifs ou sont nés avec ou ont développé des limitations. Cela n’enlève rien à leur grande dignité en tant que personnes humaines, dignité fondée non pas sur les circonstances mais sur la valeur intrinsèque de leur être. Si ce principe de base n’est pas respecté, il n’y aura pas d’avenir ni pour la fraternité ni pour la survie de l’humanité »(n. 107). Les affirmations importantes suivantes du Pape François dans Fratelli Tutti sont également louables: «Il faut reconnaître que« parmi les causes les plus importantes des crises du monde moderne, il y a une conscience humaine désensibilisée, un éloignement des valeurs religieuses et de l’individualisme dominant accompagné de philosophies matérialistes qui divinisent la personne humaine et introduisent des valeurs mondaines et matérielles à la place des principes suprêmes et transcendantaux »(n. 275); et «Le bien et le mal n’existent plus en eux-mêmes; il n’y a qu’un calcul des avantages et des charges. Du fait du déplacement du raisonnement moral, le droit n’est plus considéré comme le reflet d’une notion fondamentale de justice mais comme le reflet de notions actuellement en vogue. La panne s’ensuit: tout est «nivelé» par un consensus superficiel négocié. En fin de compte, la loi du plus fort prévaut »(n. 210). il n’y a qu’un calcul des avantages et des charges. Du fait du déplacement du raisonnement moral, le droit n’est plus considéré comme le reflet d’une notion fondamentale de justice mais comme le reflet de notions actuellement en vogue. La panne s’ensuit: tout est «nivelé» par un consensus superficiel négocié. En fin de compte, la loi du plus fort prévaut »(n. 210). il n’y a qu’un calcul des avantages et des charges. Du fait du déplacement du raisonnement moral, le droit n’est plus considéré comme le reflet d’une notion fondamentale de justice mais comme le reflet de notions actuellement en vogue. La panne s’ensuit: tout est «nivelé» par un consensus superficiel négocié. En fin de compte, la loi du plus fort prévaut »(n. 210).

Le pape François a présenté Fratelli Tutti comme une réflexion sur le document d’Abu Dhabi, qu’il a signé avec le Grand Imam el-Tayeb en février 2019. Vous avez ouvertement exprimé votre inquiétude à propos de ce document, en particulier de sa déclaration selon laquelle la «diversité des religions» est « voulu par Dieu. Cette nouvelle encyclique a-t-elle apaisé ou approfondi ces préoccupations?

Mgr Schneider:  Fratelli Tutti consacre un chapitre entier au thème «Les religions au service de la fraternité dans notre monde» (ch. 8). Le titre lui-même révèle déjà un certain type de relativisme religieux. Les religions sont vues ici comme un moyen de fraternité naturelle. On est donc amené à comprendre la religion comme un moyen de promouvoir le naturalisme. Ceci est contraire à l’essence du christianisme, qui est la seule vraie et unique religion vraiment surnaturelle. La foi chrétienne ne peut être mise sans discernement au même niveau que les autres religions; ce serait une trahison de l’Évangile. L’affirmation que «De notre expérience de foi… nous, les croyants des différentes religions, savons que notre témoignage de Dieu profite à nos sociétés» (n. 274) promeut le relativisme religieux, car le concept de «Dieu» est sûrement différent parmi les diverses religions. Il existe également des religions dans lesquelles les mauvais esprits sont vénérés. On ne peut pas mettre le concept de Dieu dans la religion chrétienne au même niveau qu’une religion qui pratique l’idolâtrie. La Sainte Écriture dit que «tous les dieux des nations sont des démons» (Psaume 96: 5), et saint Paul enseigne que «les sacrifices des païens sont offerts aux démons, non à Dieu» (1 Co 10, 20). Selon la révélation divine et l’enseignement constant de l’Église, le concept de «foi» signifie ce qui suit:

Puisque l’homme est un être entièrement dépendant de Dieu, comme de son Créateur et Seigneur, et que la raison créée est complètement soumise à la vérité incréée, nous sommes tenus de céder à Dieu, par la foi en sa révélation, la pleine obéissance de notre intelligence et de notre volonté. L’Église catholique professe que cette foi, qui est le commencement du salut de l’homme, est une vertu surnaturelle, par laquelle, inspirés et aidés par la grâce de Dieu, nous croyons que les choses qu’Il a révélées sont vraies. … Par conséquent, sans la foi, personne n’a jamais atteint la justification, et personne n’obtiendra la vie éternelle »(Concile Vatican I, Dei Filius, ch. 3).

Par conséquent, les adeptes de religions non chrétiennes n’ont pas le don de la vertu surnaturelle de la foi et ne peuvent donc pas être appelés «croyants» au sens propre de ce mot. Les non-chrétiens n’acceptent pas la révélation divine donnée par Jésus-Christ. Par conséquent, leur connaissance de Dieu et leur pratique religieuse ne sont qu’une expression de la lumière de la raison naturelle, et non de la foi. Le Magistère infaillible de l’Église l’enseigne en déclarant:

L’Église catholique, avec un seul consentement, a également toujours soutenu et soutient qu’il existe un double ordre de connaissance, distinct à la fois en principe et également en objet; en principe, parce que notre connaissance, dans l’une, est par la raison naturelle, et, dans l’autre, est par la foi divine; en objet, parce qu’en plus de ces choses auxquelles la raison naturelle peut atteindre, on propose, pour notre croyance, des mystères cachés en Dieu, qui, à moins d’être divinement révélés, ne peuvent être connus. … Si quelqu’un dit que la foi divine ne se distingue pas de la connaissance naturelle de Dieu et des vérités morales, et par conséquent qu’il n’est pas nécessaire pour la foi divine que la vérité révélée soit crue à cause de l’autorité de Dieu qui la révèle; qu’il soit anathème »(ibid., ch. 4 et can. 3 de fide).

Les chrétiens ne sont pas simplement des «compagnons de voyage» avec des adeptes de fausses religions – des religions que Dieu interdit (Fratelli Tutti, n. 274). Mémorable à cet égard est l’affirmation théologiquement précise suivante du Pape Paul VI: «Notre religion chrétienne établit effectivement avec Dieu une relation authentique et vivante que les autres religions ne réussissent pas à faire, même si elles ont pour ainsi dire les bras tendus vers le ciel »(Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, n. 53).

Plusieurs expressions de Fratelli Tutti traduisent sensiblement le même relativisme religieux exposé dans le Document d’Abu Dhabi, qui déclare que «le pluralisme et la diversité des religions, de la couleur, du sexe, de la race et de la langue sont voulus par Dieu dans sa sagesse». Fratelli Tutti n’a pas corrigé Abu Dhabi mais l’a solidifié. La vérité que Notre Seigneur a révélée, et que Son Église a constamment et constamment proclamée, reste à jamais valable: «Le principal devoir de tous les hommes est de s’accrocher à la religion à la fois dans sa portée et dans sa pratique, et non à la religion pour laquelle ils pourraient avoir une préférence mais la religion que Dieu enjoint, et que certaines marques les plus claires montrent comme étant la seule vraie religion »(Pape Léon XIII, Encyclique Immortale Dei, 4).

L’enseignement infaillible suivant de l’Église dans la Constitution dogmatique, Dei Filius, du Concile Vatican I, rejette l’enseignement faillible sur la «diversité des religions» exprimé dans le Document d’Abu Dhabi et dans Fratelli Tutti: «Il n’y a pas de parité entre les la condition de ceux qui ont adhéré à la vérité catholique par le don céleste de la foi, et la condition de ceux qui, guidés par des opinions humaines, suivent une fausse religion »(ch. 3); et «Si quelqu’un dit que la condition des fidèles, et de ceux qui n’ont pas encore atteint la seule vraie foi, est à égalité, qu’il soit anathème» (ibid., can. 6 de fide).

Nous connaissons deux sortes de fraternité: celle du sang, en Adam et Eve, et celle de la grâce, en Jésus-Christ, à travers l’Église et les sacrements. Quelle «nouvelle vision» (n. 6) de la fraternité le pape François propose-t-il dans cette encyclique? Et en tant qu’évêque et successeur des apôtres, pouvez-vous encourager les fidèles à aspirer à la vision de fraternité que le Pape François expose dans cette encyclique?

Mgr Schneider: La vraie fraternité, comme il plaît à Dieu, est la fraternité dans et par le Christ, le Fils incarné de Dieu. Le cardinal Ratzinger (Pape Benoît XVI) a justement délimité le concept chrétien de fraternité, en disant: «« Un est votre maître, mais vous êtes tous frères »(Mt 23, 8). Avec cette parole du Seigneur, la relation entre chrétiens est déterminée comme une relation de frères et sœurs en tant que nouvelle fraternité de l’esprit, opposée à la fraternité naturelle, qui découle de la relation de sang »(Die Christliche Brüderlichkeit, München 1960, 13) . Indispensable est la reconnaissance de la différence entre une fraternité basée sur la nature, c’est-à-dire le lien du sang, et une fraternité basée sur l’élection et la révélation divines: «Alors que Dieu n’est le Père des peuples du monde que par la création, il est de plus le Père d’Israël par élection. »(Ibid.,

Dès le début, les chrétiens connaissaient la différence essentielle entre la simple fraternité naturelle et la fraternité par le baptême. Saint Jean Chrysostome a dit: «Car qu’est-ce qui fait la fraternité? Le lavage de la régénération et la possibilité, par conséquent, d’appeler Dieu notre Père »(Homélie 25 sur Hébreux, 7). Dans le même ordre d’idées, saint Augustin a écrit: «Alors ils cesseront d’être nos frères, lorsqu’ils cesseront de dire:« Notre Père ». Pour les païens, nous n’appelons pas les frères selon l’Écriture et le mode de parole ecclésiastique »(En. Ps. 32, 2, 29).

Chaque catholique et tous les bergers de l’Église, en premier lieu le Pape, doivent brûler de zèle et d’amour pour tous ceux qui, malheureusement, ne sont que nos frères selon la chair et le sang, afin qu’ils puissent naître de Dieu dans la filiation surnaturelle. en Christ, et devenez vraiment frères en Christ. Si les dirigeants de l’Église de nos jours se contentent de la fraternité de chair et de sang, de «fratelli tutti» en chair et en os, ils négligent le commandement de Dieu dans l’Évangile, c’est-à-dire le commandement de faire des membres de toutes les nations et religions des disciples du Christ , fils dans le Fils unique de Dieu, frères en Christ, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur enseignant à observer tout ce que le Christ a commandé (voir Mt 25: 19-20). Un tel zèle est, pour une âme chrétienne, l’expression la plus profonde de l’amour du prochain: l’aimer comme vous vous aimez. Si votre filiation divine en Christ représente pour vous le plus grand don imaginable de Dieu – ce qu’il est vraiment – alors vous manquez du véritable amour et de la charité pour votre prochain si vous ne brûlez pas du désir de lui communiquer ce don, bien sûr avec délicatesse et respect. Ne pas connaître le Christ, ne pas avoir le don divin de la foi catholique surnaturelle, et ne pas être baptisé, signifie que l’on n’est pas vraiment illuminé, que l’on ne possède pas la vraie vie de l’âme. Cela signifie rester dans les ténèbres et l’ombre de la mort, comme le dit l’Évangile (voir Lc 1, 79; Mt 4, 16; Jn 9, 1-41). Si votre filiation divine en Christ représente pour vous le plus grand don imaginable de Dieu – ce qu’il est vraiment – alors vous manquez du véritable amour et de la charité pour votre prochain si vous ne brûlez pas du désir de lui communiquer ce don, bien sûr avec délicatesse et respect. Ne pas connaître le Christ, ne pas avoir le don divin de la foi catholique surnaturelle, et ne pas être baptisé, signifie que l’on n’est pas vraiment illuminé, que l’on ne possède pas la vraie vie de l’âme. Cela signifie rester dans les ténèbres et l’ombre de la mort, comme le dit l’Évangile (voir Lc 1, 79; Mt 4, 16; Jn 9, 1-41). Si votre filiation divine en Christ représente pour vous le plus grand don imaginable de Dieu – ce qu’il est vraiment – alors vous manquez du véritable amour et de la charité pour votre prochain si vous ne brûlez pas du désir de lui communiquer ce don, bien sûr avec délicatesse et respect. Ne pas connaître le Christ, ne pas avoir le don divin de la foi catholique surnaturelle, et ne pas être baptisé, signifie que l’on n’est pas vraiment illuminé, que l’on ne possède pas la vraie vie de l’âme. Cela signifie rester dans les ténèbres et l’ombre de la mort, comme le dit l’Évangile (voir Lc 1, 79; Mt 4, 16; Jn 9, 1-41). signifie que l’on n’est pas vraiment illuminé, que l’on ne possède pas la vraie vie de l’âme. Cela signifie rester dans les ténèbres et l’ombre de la mort, comme le dit l’Évangile (voir Lc 1, 79; Mt 4, 16; Jn 9, 1-41). signifie que l’on n’est pas vraiment illuminé, que l’on ne possède pas la vraie vie de l’âme. Cela signifie rester dans les ténèbres et l’ombre de la mort, comme le dit l’Évangile (voir Lc 1, 79; Mt 4, 16; Jn 9, 1-41).

Dans l’Église antique, le baptême était à juste titre appelé «illumination» (photismós) et régénération (anagénèse). Saint Augustin souligne la différence essentielle entre la vie mortelle donnée par la chair et le sang et la vie éternelle donnée par le baptême: «Nous avons trouvé d’autres parents, Dieu notre Père, et l’Église notre Mère, par qui nous sommes nés pour la vie éternelle. Considérons alors les enfants de qui nous avons commencé à être »(Sermo 57 ad competentes, 2). Quelle perspective temporelle étroite, simplement terrestre et appauvrie révèle la déclaration suivante de Fratelli tutti: «Rêvons donc, comme une seule famille humaine, comme des compagnons de route partageant la même chair, comme des enfants de la même terre qui est notre maison commune , chacun de nous apportant la richesse de ses croyances et convictions, chacun de nous avec sa propre voix, frères et sœurs tous »(n. 8). Une fraternité de sang, une fraternité limitée à l’ici et maintenant, qui est périssable, une fraternité limitée à la coexistence pacifique dans la bonté, implique une pauvreté spirituelle extraordinaire, une vie déficiente, un bonheur déficient, car dans une telle perspective le plus il manque une chose importante dans le monde entier et dans toute l’histoire humaine, à savoir le Christ, le Dieu incarné, le Fils unique et éternel de Dieu, le frère, l’ami et l’époux de l’âme de tous ceux qui renaissent en Dieu.

Comme il est urgent que le Vicaire du Christ, de nos jours, proclame à nouveau au monde entier les paroles de son prédécesseur, Jean-Paul II: «Vous tous qui cherchez encore Dieu, vous tous qui avez déjà la chance inestimable de croire , et aussi vous qui êtes tourmentés par le doute: écoutez encore une fois les paroles prononcées par Simon Pierre. Dans ces mots est la foi de l’Église. Dans ces mêmes mots se trouve la vérité nouvelle, en effet, la vérité ultime et définitive sur l’homme: le fils du Dieu vivant – «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant». »(Homélie pour l’inauguration de son pontificat, 22 octobre 1978). Comme ce serait courageux, apostolique, magnifique si ces paroles avaient retenti aussi chez Fratelli Tutti!  

Vous avez souvent dit que l’Église aujourd’hui manque d’une perspective surnaturelle. Comment cette nouvelle encyclique remédie-t-elle ou aggrave-t-elle ce problème?

L’encyclique Fratelli Tutti exacerbe malheureusement la crise vieille de plusieurs décennies de l’affaiblissement de la perspective surnaturelle dans la vie de l’Église, avec pour conséquence une adoption excessive des réalités temporelles, et la tendance encore pire à interpréter même les réalités spirituelles et théologiques dans un contexte naturaliste. et de manière rationaliste. Cela signifie diluer l’Évangile, c’est-à-dire les vérités révélées, dans un humanisme naturaliste – enfermer sa perspective sur la vie de l’Église dans l’horizon étroit des réalités de ce monde. Cela signifie transformer le véritable Evangile, qui est l’Evangile de la vie éternelle, en un nouvel Evangile falsifié de vie temporelle et corporelle.

La tendance actuelle au naturalisme, et le manque de surnaturel dans la vie de l’Église, correspond à ce que disait saint Paul: «Si dans cette vie seulement nous avons l’espérance dans le Christ, nous sommes de tous les hommes les plus misérables» (1 Cor. . 15:19). Concernant son contenu et son horizon intellectuel, l’encyclique Fratelli Tutti peut se résumer en ces mots: «notre citoyenneté est sur terre». La nouvelle encyclique aggrave le naturalisme régnant dans l’Église aujourd’hui, qui peut être décrit comme un manque d’amour pour la Croix du Christ, pour la prière, un manque de conscience de la gravité du péché et de la nécessité de la réparation. Dans une certaine mesure, Fratelli Tutti est en désaccord avec ce que saint Paul a écrit au début de l’Église: «Notre citoyenneté est au ciel, et de là nous attendons un Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ» (Ph 3, 20). Mémorables sont les paroles de la première encyclique sociale du Magistère, Rerum Novarum, où le Pape Léon XIII enseigne que l’Église doit toujours regarder les réalités même temporelles avec une perspective surnaturelle. Il écrit:

Les choses de la terre ne peuvent être comprises ou valorisées correctement sans prendre en considération la vie à venir, la vie qui ne connaîtra pas la mort. Excluez l’idée de futur, et aussitôt la notion même de ce qui est bon et juste périrait; non, tout le schéma de l’univers deviendrait un mystère sombre et insondable. La grande vérité que nous apprenons de la nature elle-même est aussi le grand dogme chrétien sur lequel la religion repose comme sur son fondement – que, lorsque nous aurons abandonné cette vie présente, alors nous commencerons vraiment à vivre. Dieu ne nous a pas créés pour les choses périssables et transitoires de la terre, mais pour les choses célestes et éternelles; Il nous a donné ce monde comme lieu d’exil et non comme lieu de résidence. Quant aux richesses et aux autres choses que les hommes appellent bonnes et désirables, que nous les ayons en abondance, ou en font défaut – en ce qui concerne le bonheur éternel – cela ne fait aucune différence; la seule chose importante est de les utiliser correctement. Jésus-Christ, quand Il nous a rachetés avec une rédemption abondante, n’a pas enlevé les douleurs et les peines qui, en si grande proportion, sont tissées ensemble dans la toile de notre vie mortelle. Il les transforma en motifs de vertu et en occasions de mérite; et nul homme ne peut espérer une récompense éternelle s’il ne suit pas les empreintes sanglantes de son Sauveur »(n. 21).

Liberté. Fraternité. Égalité. Ces trois thèmes traversent «Fratelli Tutti». Les catholiques devraient-ils s’inquiéter qu’un pape ait repris la devise de la Révolution française dans sa dernière encyclique?

En eux-mêmes, les trois concepts «Liberté, Fraternité, Égalité» ont une signification chrétienne et ont été mal utilisés par la Révolution française maçonnique. En ce qui concerne le concept de «liberté», les Saintes Écritures enseignent que la vraie liberté est la libération du plus grand esclavage, c’est-à-dire l’esclavage du diable et du péché, et l’ignorance des vérités divines: «Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous libérera.  » (Jn 8, 32); «Si le Fils vous libère, vous serez vraiment libres» (Jn 8, 36). La liberté que donne Jésus-Christ est un don de son œuvre rédemptrice: «La création elle-même sera libérée de son esclavage de la corruption et obtiendra la liberté de la gloire des enfants de Dieu» (Rm 8, 21). La liberté que Dieu accorde est un don surnaturel du Saint-Esprit, l’Esprit de vérité: «Le Seigneur est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté» (2 Co 3: 17). La vraie fraternité n’est pas la fraternité de ceux qui sont nés du sang, de la chair et de la volonté du vieil Adam, mais plutôt la fraternité de ceux qui sont nés de Dieu (voir Jn 1, 13) qui sont frères en Christ, le nouvel Adam (voir Rom 5:14). Ce sont «ceux qu’il a connus d’avance, et il les a aussi prédestinés à se conformer à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né parmi de nombreux frères» (Rom 8:29). 

Le concept chrétien de la véritable «égalité» signifie que tous les pécheurs ont également besoin du salut en Christ: «Il n’y a pas de distinction: car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu» (Rm 3: 22-23). Tous les baptisés ont la même dignité objective que les fils adoptifs de Dieu: «En Christ Jésus, vous êtes tous fils de Dieu, par la foi. Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni libre, il n’y a ni homme ni femme, car vous êtes tous un en Jésus-Christ »(Ga 3: 26,28). Par conséquent, «dépouillez-vous du vieil homme par ses actes et revêtez-vous du nouveau, celui qui est renouvelé à la connaissance, à l’image de celui qui l’a créé. Là où il n’y a ni païen ni juif, circoncision ni incirconcision, barbare ni scythe, esclave ni libre. Mais Christ est tout et en tous »(Col 3: 9-11). Tous les hommes se tiendront également également devant le jugement de Dieu, car «aucune créature n’est cachée à la vue de Dieu, mais tous sont nus et exposés aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte» (He 4, 13). Et «quel que soit le bien que quelqu’un fasse, il le recevra en retour du Seigneur, qu’il soit esclave ou libre. Il n’y a pas de partialité envers Dieu »(Ep 6: 8,9).

Le sens déformé du concept de liberté et d’égalité introduit par l’Assemblée nationale de la Révolution française a été immédiatement condamné par le pape Pie VI. En le condamnant, le magistère de l’Église a simultanément fourni le vrai sens de la liberté et de l’égalité. Pie VI a écrit:

L’Assemblée nationale établit comme un droit de l’homme dans la société cette liberté absolue qui non seulement assure le droit d’être indifférent aux opinions religieuses, mais accorde également la pleine autorisation de penser, de parler, d’écrire et même d’imprimer librement ce que l’on veut en matière religieuse – même les imaginations les plus désordonnées. C’est un droit monstrueux, qui, selon l’Assemblée, résulte cependant de l’égalité et des libertés naturelles de tous les hommes. Mais quoi de plus imprudent que d’établir entre les hommes cette égalité et cette liberté incontrôlée, qui étouffe toute raison, le don le plus précieux que la nature ait fait à l’homme, celui qui le distingue des animaux? Après avoir créé l’homme dans un lieu rempli de choses délectables, Dieu ne l’a-t-il pas menacé de mort s’il devait manger le fruit de l’arbre du bien et du mal? Et avec cette première interdiction n’a-t-il pas établi des limites à sa liberté? Quand, après que l’homme a désobéi au commandement et ainsi encouru la culpabilité, Dieu ne lui a-t-il pas imposé de nouvelles obligations par l’intermédiaire de Moïse? Et même s’il a laissé au libre arbitre de l’homme le choix entre le bien et le mal, Dieu ne lui a-t-il pas donné des préceptes et des commandements qui pourraient le sauver «s’il les observait»? Où donc est cette liberté de penser et d’agir que l’Assemblée accorde à l’homme dans la société comme un droit naturel incontestable? Ce droit inventé n’est-il pas contraire au droit du Créateur suprême à qui nous devons notre existence et tout ce que nous avons? Pouvons-nous ignorer le fait que l’homme n’a pas été créé uniquement pour lui-même, mais pour être utile à son prochain? (Bref Quod Aliquantum, 10 mars 1791).

Dans son encyclique monumentale sur la franc-maçonnerie, Humanum Genus, le pape Léon XIII a expliqué le vrai sens chrétien de «liberté, fraternité et égalité», tel que réalisé dans le Tiers-Ordre de Saint François, rejetant ainsi explicitement le sens déformé par la franc-maçonnerie. Léon XIII a écrit:

Parmi les nombreux avantages à attendre du Tiers-Ordre de Saint François, il y aura le grand avantage d’attirer l’esprit des hommes vers la liberté, la fraternité et l’égalité de droit; non pas comme l’imaginent absurdement les francs-maçons, mais comme Jésus-Christ a obtenu pour la race humaine et à laquelle aspirait saint François: la liberté, nous voulons dire, des fils de Dieu, par laquelle nous pouvons être libérés de l’esclavage de Satan ou de nos passions , tous deux des maîtres les plus méchants; la fraternité dont l’origine est en Dieu, Créateur et Père commun de tous; l’égalité qui, fondée sur la justice et la charité, n’enlève pas toutes les distinctions entre les hommes, mais, hors des variétés de la vie, des devoirs et des activités, forme cette union et cette harmonie qui tendent naturellement au bénéfice et à la dignité de société »(n. 34).

Il est regrettable que le pape François ait utilisé cette devise idéologique centrale de la franc-maçonnerie même comme sous-titre dans un chapitre de Fratelli Tutti (voir nn 103-105), sans présenter les clarifications et distinctions nécessaires pour éviter tout malentendu et instrumentalisation.

Vous avez longuement parlé de la façon dont les papes à travers les siècles, y compris le Pape François (Discours aux jeunes à Turin, 15 juin 2015), ont condamné la franc-maçonnerie. Voyez-vous des similitudes ou des chevauchements entre l’idée franc-maçonnique de fraternité et celle proposée dans cette nouvelle encyclique?

Mgr Schneider: Dans une déclaration aux médias, la Grande Loge d’Espagne a exprimé sa satisfaction à l’égard de la dernière encyclique du pape François, Fratelli Tutti, déclarant que le pape a adopté le concept franc-maçonnique de la fraternité et a éloigné l’Église catholique de ses anciennes positions. Leur déclaration se lit comme suit:

Il y a 300 ans a vu la naissance de la franc-maçonnerie moderne. Le grand principe de cette école initiatique n’a pas changé depuis trois siècles: la construction d’une fraternité universelle où les êtres humains s’appellent frères au-delà de leurs croyances spécifiques, de leurs idéologies, de la couleur de leur peau, de leur extraction sociale, de leur langue, de leur culture ou leur nationalité. Ce rêve fraternel se heurte au fondamentalisme religieux qui, dans le cas de l’Église catholique, conduit à des textes durs condamnant la tolérance de la franc-maçonnerie au XIXe siècle. La dernière encyclique du pape François montre à quel point l’Église catholique actuelle est éloignée de ses anciennes positions. En Fratelli Tutti, le Pape embrasse la Fraternité universelle, le grand principe de la franc-maçonnerie moderne.

Les similitudes et les chevauchements entre l’idée franc-maçonnique de la fraternité et celle proposée dans Fratelli Tutti sont frappantes. En substance, le pape François présente une fraternité purement terrestre et temporelle de chair et de sang au niveau naturel. C’est finalement une fraternité basée et née du premier Adam, et non du Christ, le nouvel Adam. Cette perspective est formulée dans les déclarations suivantes de Fratelli Tutti: «c’est mon désir de contribuer à la renaissance d’une aspiration universelle à la fraternité» (n. 8); et «le nombre toujours croissant d’interconnexions et de communications dans le monde d’aujourd’hui nous rend puissamment conscients de l’unité et du destin commun des nations. Dans la dynamique de l’histoire et dans la diversité des groupes ethniques, des sociétés et des cultures,

Une fraternité universelle et purement naturaliste basée sur les liens du sang et de la nature est au cœur de la théorie et de la pratique de la franc-maçonnerie. Un franc-maçon français célèbre, le marquis de La Tierce, a écrit dans son introduction à la traduction des Premières Constitutions d’Anderson des francs-maçons, que la fraternité universelle signifie «une religion universelle, sur laquelle tous les hommes sont d’accord. Elle consiste à être bon, sincère, modeste et honorable, quelle que soit la dénomination ou la croyance particulière que l’on puisse distinguer »(voir Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine 1997 / 44-2, 197). Selon La Tierce, le but de la franc-maçonnerie consiste à permettre à des individus de toutes les nations d’entrer dans une seule fraternité (voir Histoire de Franc-maçons contenant les obligations et statuts de la très vénérable confraternité de la Maçonnerie, 1847, I, 159).

Le pape Léon XIII désigna précisément le naturalisme comme la caractéristique centrale de la franc-maçonnerie, puisqu’ils poursuivent comme objectif «la substitution d’un nouvel état de choses conformément à leurs idées, dont les fondements et les lois seront tirés du simple naturalisme» (Encyclique Humanum Genre, 10). Tel est le dogme principal de la franc-maçonnerie: «Il n’y a qu’une seule religion, une seule vraie, une seule naturelle, la religion de l’humanité» (voir Henri Delassus, La Conjuration Antichrétienne, Lille 1910, tome 3, p. 816). Du point de vue religieux et spirituel, le naturalisme est l’une des plus grandes tentations et tromperies avec lesquelles Satan éloigne les hommes du Royaume du Christ, du royaume de la grâce et de la vie surnaturelle. Sans proclamer les droits de Dieu, les droits du Christ-Roi sur tous les hommes et toutes les nations, les droits des hommes, le bien-être social, la justice et la paix manqueront de garanties solides. Le pape Léon XIII a affirmé à juste titre:

Le monde en a assez entendu parler des soi-disant «droits de l’homme». Faites-lui entendre quelque chose des droits de Dieu. Que Dieu regarde avec miséricorde ce monde, qui a certes beaucoup péché, mais qui a aussi beaucoup souffert en expiation! Et, embrassant dans sa bonté de cœur toutes les races et classes de l’humanité, puisse-t-Il se souvenir de ses propres paroles: «Moi, si je suis élevé de terre, j’attirerai toutes choses vers moi» (Jn 12, 32) »(Encyclique Tametsi Futura Prospicientibus, 13).

Fratelli Tutti propose une critique de la politique, du libéralisme et du populisme, et comprend de nombreux tropes anti-Trump. Pensez-vous que ce soit un document politique programmé pour les élections présidentielles américaines de novembre?

Je pense que le Pape François ferait bien de suivre l’exemple des Apôtres et la grande tradition de l’Église en ne proposant pas de modèles politiques et économiques concrets et transitoires. Le Pape Jean-Paul II a dit à juste titre: «L’Église ne propose pas de systèmes ou de programmes économiques et politiques» et «l’Église offre sa première contribution à la solution du problème urgent du développement lorsqu’elle proclame la vérité sur le Christ, sur elle-même et sur l’homme »(Encyclique Sollicitudo Rei Socialis, 41). Le pape Léon XIII a enseigné que «les catholiques, comme tout citoyen, sont libres de préférer une forme de gouvernement à une autre (voir Encyclique Immortale Dei). On retrouve le même enseignement dans les documents du Concile Vatican II: «L’Eglise, en raison de son rôle et de sa compétence,

Votre Excellence, avez-vous une dernière réflexion à ajouter?

Vu dans son ensemble, Fratelli Tutti donne la triste impression qu’au prix d’une aspiration universelle à la fraternité pour la paix dans le monde et le vivre ensemble (vu comme étant bon et sincère), l’annonce de l’unicité de Jésus-Christ comme seul Sauveur et Le roi de toute l’humanité et de toutes les nations a été sacrifié. Combien il aurait été nécessaire et bénéfique, pour toute l’humanité, que le pape François ait proclamé dans cette encyclique sociale ce que tous les apôtres, pères de l’Église et papes avaient fait, déclarant aux hommes de toutes les nations et religions cette vérité: Le plus grand avantage et le plus grand bonheur est d’accepter Jésus-Christ, Dieu et homme, le seul Sauveur et de croire en lui. Une nouvelle encyclique sociale aujourd’hui devrait également faire écho à ces paroles de la première encyclique sociale de l’Église, Rerum Novarum:

La société civile a été entièrement rénovée par les institutions chrétiennes; de cette transformation bienfaisante, Jésus-Christ était à la fois la cause première et la fin finale; comme de lui tout est venu, de même tout devait être ramené à lui. Car, lorsque la race humaine, à la lumière du message de l’Évangile, a connu le grand mystère de l’incarnation du Verbe et de la rédemption de l’homme, à la fois la vie de Jésus-Christ, Dieu et homme, a envahi chaque race et chaque nation. et les a interpénétrés avec sa foi, ses préceptes et ses lois. Et si la société humaine doit être guérie maintenant, aucune autre manière ne peut la guérir que par un retour à la vie chrétienne et aux institutions chrétiennes. Par conséquent, se détourner de sa constitution primitive implique la maladie; pour y revenir, récupération »(n. 27).  

Cet enseignement fait écho à toute la tradition catholique, qui remonte à saint Augustin, qui écrivait:

Que ceux qui disent que la doctrine du Christ est incompatible avec le bien-être de l’État, nous donnent une armée composée de soldats telle que la doctrine du Christ l’exige; qu’ils nous donnent de tels sujets, de tels maris et femmes, de tels parents et enfants, de tels maîtres et serviteurs, de tels rois, de tels juges – enfin, même des contribuables et des collecteurs d’impôts, comme la religion chrétienne a enseigné que les hommes devraient être, et qu’ils osent dire que cela nuit au bien-être de l’État; oui, qu’ils n’hésitent plus à confesser que cette doctrine, si elle était obéie, serait le salut de la république »(Ep. 138 ad Marcellinum, 2, 15).

L’encyclique Fratelli Tutti représente une solution d’urgence purement humaine et limite l’humanité à l’horizon d’une aspiration universelle à une fraternité naturaliste. Une telle solution n’aura pas d’effets de guérison durables, puisqu’elle n’est pas construite sur la proclamation explicite de Jésus-Christ comme Dieu incarné et la seule voie vers le salut. L’Église, même dans son enseignement social, doit édifier la Maison de Dieu, qui est le Royaume de Jésus-Christ dans le mystère de son Église et de sa royauté sociale. La mission de l’Église n’est pas de construire une «nouvelle humanité» au niveau naturaliste (voir Fratelli Tutti, n. 127), ou «d’œuvrer pour l’avancement de l’humanité et de la fraternité universelle» (Fratelli Tutti, n. 276) , ou pour construire un «nouveau monde» pour la justice temporelle et la paix (voir Fratelli Tutti, n. 278). Dans une certaine mesure, on peut appliquer à Fratelli Tutti ces paroles de la Sainte Écriture: «À moins que le Seigneur ne bâtisse la maison, ceux qui la construisent travaillent en vain. À moins que le Seigneur veille sur la ville, le gardien reste éveillé en vain »(Psaume 126: 1). Les paroles suivantes du Serviteur de Dieu, le prêtre italien don Dolindo Ruotolo (+1970), dans sa lettre au Pape Pie XI, sont pleines d’un véritable pouvoir prophétique et d’une pertinence par rapport à la situation actuelle de l’Église et du monde:

Les maux les plus graves menacent l’Église et le monde. Ces maux ne sont pas évités par des solutions d’urgence humaine, mais uniquement avec la vie divine de Jésus en nous. Une grande bataille commence entre le bien et le mal, entre l’ordre et le désordre, entre la vérité et l’erreur, entre l’Église et l’apostasie. Les prêtres gémissent sous la désolation d’une vie inertielle, les religieux sont devenus pauvres dans la vie sainte. Les bergers, les évêques, ont sommeil. Ils se traînent et n’ont pas la force d’animer leur troupeau qui est dispersé »(Lettre du 23 décembre 1924).

Saint François a prié une fois dans la chapelle de San Damiano, à Assise, et a entendu le Christ lui dire depuis le crucifix de «réparer mon Église qui tombe en ruine» (voir Legenda maior 2, 1). Saint Bonaventure atteste que le pape Innocent III, «dans un rêve, a vu, comme il le raconte, la basilique du Latran sur le point de tomber, quand un petit pauvre, de taille moyenne et d’aspect humble, l’a soutenue de son propre dos et l’a sauvée de tomber. «En vérité, dit-il, c’est lui qui, par son œuvre et son enseignement, soutiendra l’Église du Christ» (Legenda maior 3, 10). Aujourd’hui, l’Église de Rome se trouve dans une situation similaire d’effondrement spirituel, en raison de la torpeur spirituelle d’une majorité de bergers de l’Église, de l’absorption excessive du Pape lui-même dans les affaires temporelles,

Que le Seigneur accorde, par l’intercession de saint François, que le pape François vienne offrir un exemple à tous les évêques, en proclamant à nouveau vigoureusement ces paroles de Notre-Seigneur: «À quoi cela profitera-t-il à un homme, s’il gagne le monde entier, et souffrir de la perte de son âme? (Mc 8, 36), et en répétant avec saint Hilaire de Poitiers: «Ne pas accepter le Christ, c’est le plus grand danger pour le monde! [quid mundo tam periculosum, quam non recepisse Christum!] »(Dans Mt 18).

Traduction: La Rédaction JEMINFORMETV.COM

Source: LIFE SITE

À propos jeminformetv

JEMINFORMETV.COM, est une chaîne d'information web, consacrée à l'actualité africaine et internationale. JE M’INFORME TV (JMTV ) a été créée en 2017. Documentaires - Reportages - Émissions "UN ŒIL SUR LE WEB" S'INFORMER - S'ABONNER - PARTAGER

0 comments on “L’INÉVITABLE EFFONDREMENT DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE ROMAINE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :