CULTURE

LE TRANSHUMANISME ET L’AVÈNEMENT DE SATAN: L’ÉTRANGE COÏNCIDENCE

Le Père Tanguy-Marie Pouliquen, professeur d’éthique à la faculté de théologie de Toulouse nous apporte un éclairage sur le lien entre transhumanisme et christianisme. Il est d’ailleurs l’auteur d’un livre Fascination des nouvelles technologies et transhumanisme: 115 questions

En quoi le transhumanisme s’oppose-t-il à Dieu ?

Il peut se résumer à la tentation de l’homme-dieu décrite dans Ézéchiel : « Parce que tu as dit : “Je suis un dieu, je siège sur un trône de dieu au milieu des mers”, alors que tu es un homme et non pas un dieu » (Ez 28, 2). Le cœur qui se prend pour Dieu se pense à l’initiative de son existence.

En langage moral, on parlera d’orgueil. Se prendre pour Dieu, c’est se prendre pour l’origine de la réalité créée et ne plus voir dans la Création une réalité donnée, des lignes de conduite, une direction intérieure qui accompagnerait mon existence. L’homme-dieu entend substituer à l’inscription de l’origine dans la Création sa propre réflexion, sa propre direction, sa propre totalité au risque d’être totalisant ou totalitaire. Le totalitarisme naît lorsque la projection de soi n’est plus portée par des mythes décrivant la condition humaine comme créée.

Le transhumanisme et l’Intelligence artificielle (IA)

Le transhumanisme est un concept né dans les années 1950 et mis à jour dans les années 1980 qui consiste en l’utilisation de la technologie pour améliorer l’être humain. La médecine avance à grands pas ces dernières années et différentes technologies permettent de guérir de nombreuses maladies et handicaps, réparer certains membres, diminuer des souffrances… En ceci, ce n’est point un mal et nous pouvons être reconnaissants de toutes ces avancées qui pourraient nous être favorables à un moment donné de notre vie.

Là où l’évolution des technologies peut devenir dangereuse c’est dans le désir de certaines entreprises de les pousser à la limite de l’éthique puisqu’on parle ici d’améliorer les capacités intellectuelles et cognitives de l’homme et de prolonger sa vie. Google est déjà dans la course à l’évolution et son but avoué est de créer un homme immortel, dont les faiblesses du corps ne seraient plus un obstacle à sa longévité. L’idée, ne faisant pas que des adeptes, est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé la société américaine à changer de nom pour « Alphabet » et à se séparer de ses différentes activités dont l’une est dédiée à la recherche de l’immortalité.

Comment cela est-il envisageable ? La première faiblesse de l’être humain est son corps périssable, ainsi des experts envisagent de le remplacer par un autre entièrement mécanique et électronique. Quant à l’esprit et la mémoire, ils pourraient être stockés dans des disques durs à haute capacité ; c’est d’ailleurs ce sur quoi se concentrent actuellement certains chercheurs persuadés qu’il sera possible de transférer l’esprit humain dans une machine. Au-delà de l’amélioration de l’homme, Alphabet (Google) se spécialise dans l’Intelligence Artificielle (I.A) qui semble être dotée d’une véritable possibilité à apprendre par elle-même, à la façon des enfants ; s’il y a quelques années les I.A. étaient de simples algorithmes mathématiques, désormais elles sont dotées de véritables réseaux neuronaux et sont capables d’apprendre de leurs réussites et de leurs erreurs.

Enfin, avec sa filière Boston Dynamic, la même société s’est perfectionnée dans la réalisation de robots humanoïdes ; ainsi, l’humanité sera bientôt capable de créer un être à son image, capable de se mouvoir et de penser. Si la perspective d’un tel avenir paraitra attrayante aux yeux de certains et effrayante pour d’autres (qui s’imaginent qu’un monde proche de celui de Terminator est à nos pieds), elle ne peut que pousser le chrétien à se souvenir de l’Histoire de la Tour Babel.

Aujourd’hui, l’homme se prend pour un dieu, pensant pouvoir rendre l’homme immortel et créer un être à son image ; il est difficile d’imaginer que Dieu lui-même laisse faire. Dans Genèse 11 au verset 4 les hommes disaient : « Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre » ; l’homme avait créé cette tour dans l’espoir de ne pas être séparé de ses semblables alors même que le commandement de Dieu à Noé et ses fils était « Soyez féconds, multipliez et remplissez la terre » (Genèse 9) ; finalement Dieu à fait exactement le contraire : il les a séparés… Que fera-t-il face à l’homme qui essaie de se mettre à sa hauteur, de le remplacer ? Est-ce un signe de la fin des temps ? D’autres géants de la Silicon Valley emboitent le pas comme le géant chinois Huawei qui envisage  la possibilité de parler avec les morts par interface numérique interposée, d’ici quelques années…

Le Transhumanisme, c’est la religion de l’antichrist

C’est ce que vous dites quand vous affirmez que l’utérus artificiel n’est pas pour demain?
L’utérus artificiel est un autre aspect de la chose. J’ai approfondi cette notion parce qu’il y avait des expériences en cours sur l’ectogénèse, le développement de l’enfant hors du sein mater¬nel. Là aussi, on se trouve devant des difficultés majeures. Parce qu’à partir de l’instant n°1 où l’embryon est fixé dans l’utérus, il se crée des liens entre la mère et son enfant et nous sommes au tout début de la connaissance de ce phénomène.

Nous avons évoqué la philosophie sous-jacente au transhumanisme. On a l’impression d’assister à un retour au bon vieux matérialisme du début du siècle, du scientisme d’Auguste Comte et finalement, de cette vision scientiste que la science est la seule vérité possible et que par conséquent, tout ce qui est en dehors du domaine de la science est nul !
Tout à fait. C’était une conception qui existait avant la révolution. En 1741, un philosophe a écrit un livre « L’homme machine ». Pour lui, l’homme se résumait à une machine. Ces idées existaient déjà avant la révolution française. Effectivement, on trouve une continuité entre l’homme machine, entre les positivismes, et puis bien sûr, le marxisme, qui est un matérialisme absolu et les théories d’Hitler, qui voulait chan¬ger l’homme à partir de la génétique, par la sé¬lection qui n’était plus la sélection naturelle.
Je peux aussi citer les théories de Darwin, qui sont en train de s’effondrer littéralement… On peut suivre deux directions : la première, c’est justement l’épigénèse, qui fait que l’homme se crée lui-même. Il a son sort entre les mains, il est libre. Il n’y a pas de sélection naturelle. C’est énorme, gigantesque et les évolutionnistes sont par terre littéralement, ils ne savent pas quoi ré¬pondre à cela.
Deux évolutionnistes, Stockler et Habler, se sont mis à étudier le génome des espèces. On s’est aperçu que tout autour du noyau, c’est-à-dire hors du circuit génétique que l’on connaissait, se trouvaient des mitochondries, qui sont la bat¬terie, ce qui alimente la cellule.
Leur caractéristique, c’est qu’elles sont quasi¬ment indestructibles, c’est-à-dire qu’elles per¬mettent de remonter dans le temps. On en a trouvé, par exemple, dans les momies des pharaons.
La chair se putréfie, les noyaux éclatent, se sclé¬rosent et avec eux on ne peut pas faire grand-chose de l’ADN que l’on trouve sur ces momies. En revanche, les mitochondries sont très riches en informations et évoluent elles-mêmes très très lentement.
Ces chercheurs ont étudié et comparé 100 000 espèces de toutes sortes d’animaux et stupéfac¬tion ; alors que cela allait contre leurs propres convictions, ils se sont aperçus que toutes les espèces étaient arrivées en même temps. Ce qui correspond bien au récit de la Genèse, Dieu créant chaque espèce l’une après l’autre ! Les évolutionnistes prennent alors un coup ter¬rible, au point que leur seule réaction, ce sont les insultes. Donc, nous voyons que l’évolution est maintenant remise en question par l’épigénèse.

Si nous revenons à la question du transhumanisme, ce qui est attractif pour les gens, c’est que cela leur apporte des promesses de bienfaits dans la vie quoti¬dienne. Mais est-ce que vous pourriez aus¬si évoquer les principaux dangers que cela représente ?
Le transhumanisme, c’est la disparition de l’es¬pèce humaine. Je ne suis pas le seul à le dire, plusieurs autres personnes le disent aussi, comme par exemple Testar.
Testar dit que le transhumanisme mène à la fin de l’espèce humaine. Il s’est aperçu que sa dé¬couverte correspondait à entrebailler la porte pour que se précipite l’eugénisme. Parce qu’avec la fécondation in vitro, l’on fait ce que l’on ap¬pelle le « diagnostic préimplantatoire » dont je parlais déjà dans mon livre, il y a dix ans, et qui permet de sélectionner les espèces humaines et de se débarrasser de tous ceux dont on ne vou¬dra pas.
L’on sait que, aujourd’hui, des enfants sont tués à la naissance parce qu’ils ont une fente pala¬tine ou un pied bot. Certains pays envisagent de donner l’autorisation de tuer les enfants à la naissance.
C’est un retour au nazisme , mais un nazisme plus raffiné, plus acceptable. Mais en même temps, quand on parle de la GPA, c’est le retour à l’esclavage. Quelle va être la situation psycho¬logique de ces enfants quand ils vont grandir ? C’est une véritable déshumanisation de l’être hu¬main, une régression absolument terrible.
Comment se fait-il qu’il y ait cet en¬gouement pour ce genre de théorie ? Est-ce qu’il n’y a pas derrière cela des intérêts économiques, voire même politiques, de la classe mondiale ?
La finalité, c’est le transhumanisme. On appelle cela les GAFAM : Goggle, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft. Amazon avait fait, en 2016, 65 milliards de dollars de profits.
Sur un article du Figaro, un journaliste expliquait que les deux A, Amazone et Apple, avaient fait 1000 milliards de profits boursiers l’année pré¬cédente. Quand on regroupe tous les profits des GAFAM, cela fait 4000 milliards et demi. Alors, je suis allé regarder le budget de la France ; c’est 360 milliards.
C’est une puce à côté d’un éléphant, et ce sont ces gens qui nous dirigent et qui nous mènent au transhumanisme… C’est un phénomène as¬socié au Nouvel Ordre Mondial. Il y aurait une super classe mondiale qui tirerait les ficelles… Une organisation se met en place, notamment avec Bruxelles. Bruxelles est très ancrée dans cette vision. On a l’impression que ces gens-là ne sont pas eux-mêmes libres de leurs mouve¬ments, mais qu’ils sont manipulés.
C’est une caste et les progrès d’immortalité et autres, tout le monde n’en profitera pas ; il faudra être éminemment riche pour pouvoir bé¬néficier de traitements à vie. Déjà, la Sécurité Sociale traîne la patte parce qu’elle trouve qu’il y a trop de vieux et que le plus simple serait de les euthanasier…
Alors, ceux qui voudront vivre plus longtemps devront payer et l’on s’acheminera vers une hu¬manité à deux ou trois vitesses, avec ceux qui mènent le monde, les financiers et puis la pié¬taille, la plèbe.. Quel est le rôle, dans cet ensemble, de cette fameuse théorie du genre que l’on est en train d’enseigner à nos enfants, bien que l’on dise que ce n’est pas le cas ?
C’est un défi direct à Dieu, c’est une atteinte à la vie, à la création. C’est la volonté de se substituer à Dieu. On se prend pour Dieu, on veut simplement supprimer les sexes et on va créer un nouveau sexe, le troisième sexe de Simone de Beauvoir.
Ils le disent, d’ailleurs, quand ils affirment : « Nous sommes une religion ». Ce n’est pas seulement une idéologie, c’est plus que cela, c’est véritablement une religion. C’est la religion de Satan, une religion antichristique. Quand on regarde le sigle de Apple, l’on voit une pomme avec un coup de dent : c’est le serpent qui a tendu la pomme à Eve et qui a dit : « Allez, vous allez manger de ça… ».
Cela veut dire que nous, chrétiens, nous sommes dans une situation d’opposition frontale et di¬recte avec cette idéologie.
Comment expliquez-vous, comme vous le dites dans votre livre, que les chrétiens non seulement ne s’en rendent pas compte mais que les ecclésiastiques se taisent ? Comment expliquez-vous ce paradoxe ?
Les ecclésiastiques se taisent parce qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe. Leur niveau intellectuel ne leur permet pas d’anticiper.
Ils vivent au jour le jour. Dans la dernière confé¬rence que j’ai faite, à Versailles, uniquement pour des jeunes, pas un seul d’entre eux n’a acheté une brochure ou un livre…
Ils étaient 40 ou 50, venus à une conférence, point, c’est tout… Pourtant, des choses terribles se préparent… Une des forces de proposition du transhumanisme, c’est de greffer dans la tête des gens des pastilles informatisées, des micro-processeurs qui leur donneront des pouvoirs, donc, qui pro¬duiront des gens aux pouvoirs supérieurs…
Dieu, qui est derrière toutes choses, sonnera la fin de la récréation et Il le fera brutalement. Il le fera d’autant plus brutalement, qu’on sera allés loin…
En attendant ce temps de Dieu, je voudrais lais¬ser à tous les lecteurs cette question : qu’est-ce que le chrétien de base peut faire ? Quelle doit être son attitude ; comment est-ce qu’on peut résister et comment peut-on vivre dans cette situation, dans ce monde qui est en bouleversement ? Et surtout les jeunes ? J’ai écrit un cahier au su¬jet des écrans, mais en me plaçant sur le plan médical. Les écrans, c’est une catastrophe, c’est un des moyens les plus im¬portants du Nouvel Ordre Mondial pour détruire l’in-telligence.
Et cela, parce que l’on est passif devant un écran. Je vais vous donner un exemple : un américain, qui s’appelle Flynn, a constaté qu’avant l’arri¬vée des écrans, les générations avaient un QI qui augmentait d’une génération à une autre. Autrement dit, nous sommes plus intelligents que nos parents, nos parents plus intelligents que leurs parents à eux… Mais cela s’est arrêté brutalement en 1970. C’est l’époque de l’apparition des écrans et de la Té-lévision, la généralisation de la TV… Alors, il a affirmé que, maintenant, nous allons en régres¬sant et que depuis cette époque-là, les enfants ont perdu 2 fois 6 points de QI, sur 100, 2 points sur 100… Ce qui est considérable, c’est que l’en¬fant moyen nous ramène 50 ans en arrière ou 100 ans en arrière au point de vue de l’intel¬ligence et du développement intellectuel… On assiste donc à une atrophie de l’intelligence et du cerveau
Concrètement, pratiquement, quelle doit être l’attitude des chrétiens au¬jourd’hui ? Quels conseils, vous qui êtes comme moi un ancien, donneriez-vous aux jeunes aujourd’hui ?
La première chose que je dirais, c’est de faire passer la télévision par la fenêtre. Je ne veux pas me laisser forger par des gens qui mentent tout le temps et deuxièmement, je ne veux pas me laisser détruire l’esprit par un appareil ou par des gens qui nous mentent constamment. Il y a ce qu’on vous dit et il y a ce que l’on ne vous dit pas… Il faut commencer par remettre en ques¬tion ce que l’on vous dit et prendre du recul.

La fausse promesse du Serpent dans le jardin d’Eden

Les développements impressionnants de la recherche biologique ont fourni à l’homme une capacité d’intervention inédite sur le vivant y compris en sa propre corporéité. Plus encore, ils ont entraîné une dramatisation du débat éthique puisqu’ils conduisent à remettre en cause l’identité de la personne et les valeurs fondatrices des sociétés humaines.Un tel déploiement de connaissances scientifiques et de leurs applications provoque nos sociétés à une réflexion morale destinée à fonder humainement une régulation juridique et budgétaire. Par-delà une biomédecine mécaniciste qui ne trouverait en elle que ses propres aspirations et légitimations, ce département s’attache à déceler les enjeux anthropologiques et éthiques de la recherche et de la pratique médicale. Le dialogue rationnel qu’il instaure s’enrichit par l’examen des aspects spirituels des questions en débat.

Éloignement entre les fins et les moyens

L’éloignement entre les fins et les moyens est devenu abyssal. Dans l’idéal, le clivage entre fin et moyen n’a pas cours. Mais l’humanité suppose une certaine dissociation entre l’ordre des fins et celui des moyens. C’est parce que les êtres peuvent prendre distance par rapport à la fin qu’ils poursuivent qu’ils sont également à même d’élaborer les moyens qui leur permettront ensuite d’atteindre ces fins. Parce qu’ils sont capables de développer des moyens pour eux-mêmes, qu’ils sont à même de poursuivre de nouvelles fins. Mais une authentique culture humaine permet de dépasser cette dissociation pour l’intégrer dans un tout.L’humanité véritable (Gunther Anders, L’obsolescence de l’homme) commence « là où les moyens aussi bien que les fins sont à ce point aussi bien imprégnés du style même des us et coutume que devant les fragments de vie ou du monde, on ne peut reconnaître (et on ne se le demande même plus) s’il s’agit de moyens ou de fins. Là où le chemin qui mène à la fontaine rafraîchit autant que l’eau qu’on y boit. »

La technique ne se développe plus selon des fins

Cette dissociation entre fin et moyen est particulièrement mise en œuvre à l’intérieur de la technique. La technique s’est autonomisée, et elle ne se développe plus selon des fins, mais selon ses propres possibilités de croissance. Puis elle réclame des fins pour les nouveaux moyens qu’elle engendre.Jacques Ellul avait décrit cela (Le système technicien, 1979) : « Nous avons l’habitude logique et scolaire de considérer que l’on commence par poser des problèmes avant d’arriver à la solution. Dans la réalité technique, il faut inverser l’ordre. […] La solution précède le problème. Dans ces conditions il n’y a nulle par de place pour insérer une finalité quelconque. » On raconte l’histoire à l’envers en faisant croire que l’on a construit des avions car comme Icare on voulait voler, alors que l’on a construit des avions après avoir créé des moteurs si puissants que la voiture n’épuisait pas leur puissance.

Le transhumanisme et le sentiment d’insuffisance qu’il entretient

C’est ainsi qu’a émergé le transhumanisme, devant le déferlement de technologie innovante : à quoi la faire servir ? Nous sommes tellement suréquipés que créer la demande devient difficile. Reste un lieu scandaleusement inexploité : le corps. Voilà la nouvelle frontière, le nouveau marché à conquérir. Il faut convaincre les humains que leur corps est déficient, qu’ils sont de pauvres choses à améliorer. Or l’individu contemporain est convaincu d’être supérieur à ceux qui l’ont précédés et surtout rongé par un sentiment d’insuffisance.1) Ce sentiment paradoxal est lié à la technique elle-même. Le langage des choses a changé au cours de ces quatre décennies.

Notre monde le plus familier n’est plus construit d’objet fait de mains d’homme et faits pour l’homme. L’artisanat donnait aux choses une « qualité mystérieuse ». Pasolini situe cette rupture des trente glorieuses dans l’effacement de toute trace d’une intervention humaine dans les objets machinofacturés.Dans l’absence de lien entre l’objet et la personne qui l’a fabriqué, on tient là une des sources de ce que Gunther Anders a appelé la « honte prométhéenne » : le sentiment d’étrangeté et d’infériorité conscient ou inconscient qui s’empare de l’individu devant certaines productions qui, bien que d’origine humaine, n’ont plus rien de commun avec ce qu’un être humain aussi adroit soit-il peut faire. 2) Pourtant, il n’y a pas de quoi avoir honte. Une machine, qu’elle quelle soit n’exerce sa fascination qu’à travers une confrontation injuste avec les facultés humaines, car limité au terrain étroit où cette machine excelle, hors duquel elle est sans ressources.

Néanmoins, un sentiment d’insuffisance existe, né de ce que Gunther Anders appelle les « âmes multiples », cette habitude contemporaine de l’homme orchestre contemporain qui veut toujours mener plusieurs choses à la fois (et ce grâce à la technique) sans pouvoir se reposer dans une seule, au risque d’être éclaté en une pluralité de fonction séparées (toutes substituables par une machine).En s’extériorisant dans la technique moderne, une certaine forme de rationalité se met à écraser la personne qu’elle était sensée servir au point que la personne se met pour résister à lorgner du côté de l’animal, en valorisant le domaine pulsionnel. Qui veut trop faire le technicien finit par faire la bête. Le devenir robot fait chanter les mérites du bonobo !

L’homme diminué

La conséquence de cela est que nous sommes diminués, matériellement et spirituellement. 1) Diminution matérielleQuand la technique met en jeu des énergies trop importantes, elle cesse de magnifier les facultés de notre corps, mais elle rend ces facultés inopérantes. Ainsi, Illich a bien montré que la voiture qui est sensé raccourcir les distances a permis d’étendre les distances à parcourir. Mais du coup, il n’est plus possible de marcher pour aller d’un point à un autre car les distances sont trop grandes. Le corps propre devient impotent.Au fils de telles évolutions le consommateur devient aussi dépendant du marché que le nourrisson vis-à-vis des êtres qui prennent soin de lui. En fait, nous sommes comme dans les services de réanimation : le corps n’est maintenu en vie que par son branchement sur un appareillage high-tech. 2) Diminution spirituelleUn monde désormais nous dépasse. Au début du XXe siècle, Georg Zimmel (1903) faisait déjà ce constat. Le transhumanisme n’est pas si radicalement nouveau. Il faut comprendre la logique d’ensemble et ses racines.« En tout cas, l’individu est de moins en moins apte à se mesurer à l’envahissement de la culture objective. Il est réduit à être quantité négligeable, un grain de poussière face à une organisation démesurée de choses et de forces qui lui ravisent totalement tous les progrès, toutes les valeurs spirituelles et les valeurs morales et conduisent celles-ci de la forme de la vie subjective à celle d’une vie purement objective. »Tous ces paradoxes se ramènent à un seul : avec la modernité, les hommes étaient sensés quitterl’hétéronomie pour l’autonomie, se délivrer de leurs anciennes terreurs et des préjugés d’un autre âge, s’émanciper de leurs tutelles et accéder à la maturité et le résultat est décevant. La modernité a massivement rejeté Dieu, interprété comme une projection castratrice, une illusion dont il fallait se délivrer pour accéder à l’âge adulte.Cependant, la condition humaine supérieure qui devait résulter d’un dépassement de la foi en Dieu se révèle plutôt une involution, un retour à l’infantilisme et à ses fantasmes de toute puissance. Cf. Chesterton :« quand les hommes cessent de croire en Dieu, ils ne croient pas en rien, mais en n’importe quoi ».

Mais quel Dieu ?

Il faut se garder de juger trop vite le mouvement de rejet de Dieu. Il convient d’abord en effet de nous demander quel est le Dieu qui a été rejeté. Dans de nombreux cas, le Dieu rejeté méritait de l’être, en tant qu’il était plutôt figure du diable, un dieu conçu comme un tyran, non pas attaché à faire grandir sa créature mais ne lui accordant que des miettes en échange d’une soumission totale.Dans la foi des démons, Fabrice Hadjaj cite cette page admirable de St Bernard.

« Lucifer, ‘plein de sagesse et parfait en beauté’, a pu connaître d’avance qu’il y aurait un jour des hommes, et aussi qu’ils parviendraient à une gloire égale à la sienne. Mais s’il l’a connu d’avance, il l’a sans aucun doute vu dans le Verbe de Dieu, et, dans sa hargne, il en a conçu de l’envie. C’est ainsi qu’il a projeté d’avoir des sujets, refusant avec dédain d’avoir des compagnons. Les hommes, dit-il, sont faibles et inférieurs par nature : il ne leur sied point d’être mes concitoyens, ni mes égaux dans la gloire (Bernard de Clairvaux, Sermon sur le Cantique, XVII, 5-6).

Le transhumanisme présuppose qu’il y aurait des dominants et des dominés, oubliant que les dominant eux-mêmes seront (sont ?) assujettis à la technique. (Cf. C.S Lewis, L’abolition de l’homme).La technique du diable est de persuader l’homme que la chaire est par elle-même mauvaise ou du moins, qu’elle n’a rien à voir avec l’esprit. (Cf. Eric Fiat Corps et âme).

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