DOSSIERS

LE PASS VACCINAL OU LA DÉCHÉANCE DE CITOYENNETÉ

Après les propos de Macron sur les non-vaccinés, doit-on comprendre qu’avec l’instauration du pass vaccinal, il s’agit de remettre en question le statut juridique de citoyen des personnes non-vaccinées ?

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Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.Publié le 19 janvier 2022-A+

Si l’actuel président de la République française, chef des armées et grand maître de l’ordre national de la Légion d’honneur, a tenu des propos gravissimes dans Le Parisien, ce n’est pas parce qu’il a utilisé un gros mot à l’encontre des personnes non-vaccinées. En réglant immédiatement leur focale sur la forme de ses déclarations, les éditorialistes de la presse bien-comme-il-faut ont fait mine de ne pas entendre l’essentiel. Car, n’étant certainement pas totalement incompétents dans les fonctions qu’ils occupent, ni le chef de l’État ni les rédactions concernées ne peuvent ignorer ce que le mot « citoyen » signifie normalement dans la bouche d’un président.

Lorsqu’il explique que les « antivax »  s’en prennent à la « solidité d’une nation », menacent la liberté d’autrui, sont ainsi irresponsables et qu’« un irresponsable n’est plus un citoyen », on est fondé à comprendre qu’avec l’instauration du pass vaccinal et au-delà, il s’agit de remettre en question le statut juridique de citoyen des personnes non-vaccinées contre la covid. On l’est d’autant plus qu’il parle de ce pass vaccinal comme d’une « nouvelle étape » dans une série de mesures prises depuis juillet dernier, laissant ainsi entendre que d’autres ne sont pas à exclure, dans sa volonté de leur mettre la pression « jusqu’au bout ».

Pass vaccinal : les non vaccinés sont-ils toujours des citoyens ?

Autrement dit, ce très officiel gardien -et donc interprète- de la Constitution, suggère que l’État n’est pas obligé de leur reconnaitre, entre autres, un droit d’être propriétaire, de se marier, et d’être soumis aux mêmes lois que les autres en matière d’accès aux emplois publics, de liberté de pensée, d’opinion et d’expression, de religion, de circulation, de réunion, d’association, de manifestation et de fiscalité. Il suggère que l’État peut licitement leur retirer le droit de travailler et d’obtenir un emploi, le droit de grève, le droit à l’éducation et à la sécurité sociale. Et alors que l’élection présidentielle approche à grands pas, il sous-entend que l’État n’est pas tenu de leur reconnaitre le droit de voter et de se présenter à une élection.

De plus, on se rappellera que la définition du « schéma vaccinal complet », requis pour avoir un pass vaccinal valide, a déjà changé et est susceptible de changer à nouveau par simple décret du gouvernement, alors qu’on avait initialement fait miroiter aux personnes inoculées deux fois une vie normale en récompense de leur coopération. Le statut de citoyen pourrait alors être modifié sur cette base, les vaccinés d’aujourd’hui étant potentiellement les non-vaccinés et ex-citoyens de demain, s’ils ne se soumettent pas à de nouvelles mises en demeure. D’autant que, comme l’a expliqué le Premier ministre, la limitation dans le temps du dispositif, sur un critère sanitaire à déterminer, « n’est pas ce qui, à ce stade, est prévu ».

La menace à peine voilée de déchéance de citoyenneté visant les non-vaccinés, et les futurs anciens vaccinés qui refuseraient la énième dose, n’est pas isolée. Lorsqu’on lui demande pourquoi il n’a pas proposé au Parlement une obligation vaccinale pure et simple, le président mentionne deux fois dans sa réponse qu’il ne veut pas « les mettre en prison » (et les « vacciner de force » ensuite). Mais pour que ces petites phrases aient un sens, elles doivent contenir l’affirmation implicite qu’il a la capacité et la légitimité requises pour le faire, sans quoi elles seraient aussi hors de propos que d’annoncer ne pas vouloir jouer avant-centre au prochain match OM-PSG. Ainsi, il leur dit qu’il tient une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, mais tout conciliant qu’il est, ne la laisse pas tomber. Puisqu’il a cependant affirmé il y a quelques mois que « le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français », les non-vaccinés ont quelque raison de douter qu’il ait la main ferme. Il y a fort à parier qu’il compte là-dessus pour les intimider.

Une menace implicite

Bien entendu, la menace est suffisamment implicite et le gros mot suffisamment explicite pour que ses lieutenants et certains médias puissent détourner l’attention du grand public vers une polémique accessoire, cela étant d’autant plus aisé que des mois de mesures et de communication choc l’auront psychologiquement éprouvé. Pendant ce temps, ceux dont le refus de se faire vacciner indique qu’ils ne sont pas encore hypnotisés auront bien enregistré le message qui leur est destiné.

Si les commentateurs autorisés de l’actualité, ainsi que nombre de parlementaires, s’exprimaient avec l’indépendance qu’ils revendiquent habituellement, ils ne seraient pas agités d’abord par la question de savoir si « l’exaspération » du président convient à la dignité de sa fonction, ou si l’évidente « irresponsabilité » des non-vaccinés ne justifie pas quelque écart de langage. Ils ne seraient pas particulièrement mobilisés autour de la question de savoir s’il faut envisager de leur facturer l’intégralité des frais de leur hospitalisation, ou de refuser leur prise en charge (en s’asseyant sur les cotisations qu’on leur a prélevées par le passé, en échange de la fausse promesse d’être soigné quoi qu’il arrive). Ils ne seraient pas spécialement intéressés par la question de savoir si la stratégie du futur candidat à la réélection est adaptée ou non à son objectif ou si les journalistes étrangers s’en sortent pour traduire le mot « emmerder ».

La question immédiate à laquelle chacun d’eux se sentirait obligé de répondre serait plutôt de savoir si les menaces du président sont compatibles avec son rôle de gardien de la Constitution et, si ce n’est pas le cas, de savoir ce qui peut et doit être fait pour en finir avec de tels comportements au sommet de l’État. De tels débats auraient certes plus de chances d’avoir lieu si les médias en question n’étaient pas largement sous tutelle étatique, ne bénéficiaient pas en permanence de subventions et autres exonérations, et que l’Élysée ne les avaient pas fait bénéficier en plus de rallonges covid.

Par : Xavier Méra

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