DOSSIERS

ET MAINTENANT LE PAXLOVID. MAIS QU’AVONS-NOUS FAIT AU CIEL ?

Et maintenant le Paxlovid. Mais qu’avons-nous fait au ciel ?

par Dr Vincent Reliquet.

Quittons quelques minutes la variole du singe, insuffisamment implantée, la sinusite de la grenouille et l’anorgasmie du phacochère, encore dans les cartons des pandémistes. Pendant que le petit peuple de l’hémisphère Nord s’apprête à vivre un magnifique été, tout content d’avoir survécu aux effets indésirables graves post-vaccinaux, aux interdictions de se traiter en cas de Covid déclaré ou encore de ne pas s’être fait prescrire un définitif Rivotril en cas d’apparence de maladie grave particulièrement s’il habite les régions parisiennes ou lyonnaises1, en coulisse les financiers du monde entier rivent déjà leurs prévisions économiques pour la rentrée de septembre. Et nous faisons tous partie de leurs équations. En voici un fragment confondant, l’histoire naissante du Paxlovid, où comment laisser vendre des médicaments anti-covid par une firme qui a déjà multi-vacciné toute la planète avec un produit efficace, disait-elle, à 95%. Quelle place pour un médicament anti-covid alors ? Ce serait drôle si ce n’était pas aussi tragique, bonne lecture.

Pax-Love-Covid, ils osent tout

Il faut quand même être pourvu d’un cynisme sans limite pour oser mêler paix, amour et covid dans un nom de médicament qui sera utilisé dans le monde entier – avec racines étymologiques parfaitement comprise par tous – afin d’espérer en créer un produit désirable par tous ses consommateurs potentiels. Avant de l’ingurgiter ; il faut le prescrire et j’ai presque envie de m’adresser aujourd’hui à mes confrères, plus qu’à nos patients, parce que plus que jamais cette histoire me fait penser aux enseignements de Coluche, notre grand maître à tous, qui déclara un jour dans un sketch célèbre : « Quand on pense qu’il suffit que les gens ne l’achètent pas pour que ça ne se vende plus »2. Magnifique de concision et de véracité, attachons-nous ici à en confirmer la justesse.

Composition du Paxlovid

Le paxlovid se définit par une association de deux molécules présentées séparément mais à ingérer ensemble, le nirmatrelvir et le ritonavir.

• Le nirmatrelvir ou PF-07321332 agirait comme un inhibiteur de la protéase 3C-like des coronavirus3, pouvant possiblement bloquer leurs multiplications dans l’organisme. Des doutes sérieux, bien que non démontrés à ce jour, laissent imaginer que cette molécule pourrait exercer un effet mutagène sur l’ADN humain exposé au produit.

• Le ritonavir est une molécule beaucoup plus connue, elle aussi inhibiteur de la protéase, très utilisée dans le traitement des infections à VIH, fortement mutagène. Son utilisation dans le traitement des infections Covid est détournée de son objet initial, ce sont ici ses capacités à inhiber les enzymes susceptibles de détruire le nirmatrelvir qui sont visées, dans le but d’augmenter la biodisponibilité de celui-ci, cf infra.

https://www.pfizer.ca/PAXLOVID/17/01/2022.pdf
Sécurité pré-clinique

De source sûre, puisqu’il s’agit des données publiées par Pfizer-Canada lui-même[9]les mineurs, les femmes enceintes et allaitantes ont été exclus des études et seuls 3% des participants étaient âgés de plus de 75 ans alors que cette tranche d’âge représente évidemment le cœur de la cible de prescription. L’étude principale ayant autorisé la mise sur le marché du Paxlovid n’a pas été poussée plus loin que jusqu’à une simple phase 2 (encore moins de recherche que pour les vaccins qui persistent tous à ce jour à poursuivre leurs phases 3) et encore, celle-ci a été publiée avant son terme4 parce que, d’après Pfizer, « Paxlovid s’est avéré efficace pour réduire le risque d’hospitalisation ou de décès de 89% par rapport au placebo chez les adultes à haut risque non hospitalisés atteints de Covid-19 ».

Faut-il encore une fois revenir sur la tromperie aggravée d’une présentation de résultats en citant des réductions relatives de risques et en taisant les réductions absolues bien moins flatteuses5 ? Revenir sur la valeur nulle ou presque d’une étude interrompue en son milieu ? La recherche des effets secondaires ne s’est limitée qu’aux 34 jours ayant suivi l’instauration du traitement, bien pratique pour ne jamais assister à une complication post-mutation génétique pourtant si parfaitement objectivée avec le ritonavir.

Je ne résiste pas à publier ce monument d’euphémisme embrumé rédigé par les employés francophones du sponsor pour expliquer que, compte tenu de la faiblesse indigne de leur panel6ils n’ont aucune idée précise de la fréquence des effets secondaires rencontrés dans l’étude (On passe d’ailleurs de 8 à 8.2, 8.1 a dû « sauter » à la relecture).

https://www.pfizer.ca/PAXLOVID/17/01/2022.pdf

À noter que, toujours dans ce même document, le taux d’abandon est déclaré à 2% dans le groupe Paxlovid et… à 4% dans le groupe placebo. Proprement incroyable mais à aucun moment il n’a été possible de savoir si le placebo était réel ou constitué par une molécule active. Malgré tout ceci, la FDA a accordé une autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) au Paxlovid en décembre 2021 et servilement comme d’habitude l’EMA a suivi7.

Contre-indications d’emploi

De ce fait, tous les médicaments dont la clairance dépend fortement de la disponibilité des cytochromes P450 3A et 2D6 (CYP3A et CYP2D6)8 ne peuvent plus entrer en co-prescription avec Paxlovid pendant toute la durée du traitement au risque de surdosages éventuellement létaux, il y aurait lieu de les interrompre malgré leurs potentielles nécessités vitales de dispensation9.

S’il peut sembler imaginable (voire très souhaitable) d’interrompre des traitements par statines, inducteurs de l’érection, somnifères, alpha-bloquants et autres molécules secondaires, il paraît totalement insensé de suspendre un traitement par anti-arythmiques, par anti-coagulants, voire anti-convulsivants. Qui oserait sérieusement décréter une balance bénéfice-risque favorable au Paxlovid dans ces conditions ?

À noter que Pfizer interdit expressément l’usage du Paxlovid en cas de forme grave de la Covid-19 ce qui constitue une grande première en matière de thérapie anti-infectieuse que de contre-indiquer l’emploi d’un traitement en cas de forme grave de la maladie qu’il prétend guérir.

Je renvoie volontairement les curieux à la liste officielle des contre-indications, longue comme un quinquennat qui débute, publiée ici10.

Indications thérapeutiques

Depuis le 8 mai 2022, la France simplifie la modalité de prescription du médicament et les URPS11 ont publié ceci à destination des médecins libéraux.

https://us19.campaign-archive.com
La peur de manquer ?

La France n’a fait aucun mystère de ses commandes pharaoniques de Paxlovid, passées en début d’année, pour pas moins de… 500 000 doses. Pas mal pour un pays qui s’est targué dès 2021 d’avoir mis à l’abri toute sa population fragile grâce à l’emploi d’une vaccination, il est vrai un tantinet forcée.

Mais alors, si ce discours rassuriste tient vraiment dans l’esprit de nos élites, pourquoi acheter un demi-million de boites de Paxlovid ? Quand même pas parce que Pfizer aurait proposé un marché à la France « qu’elle n’aurait pas pu refuser » ?

Naturellement, puisque ce produit n’admet aucun rapport bénéfice/risque conséquent, qu’il se révèle à-peu-près non prescriptible et que la liste des contre-indications intimide même les prescripteurs les plus hardis, seules 3500 boites ont trouvé preneur à ce jour12.

Le prix inconnu du Paxlovid

Il est extrêmement difficile de connaître le prix d’une boite de Paxlovid, probablement variable selon les pays.

Celui-ci ne figure pas sur l’emballage, le médecin n’en est pas avisé dans la RCP qui lui est distribuée pour prescrire le produit et même le pharmacien, qui le vend, en fait ne le vend pas mais le dispense à partir de commandes d’Etat dont il ignore la valeur !

Dans un article de ladepeche.fr en date du 29 mars 2022, le journal se risque à une fourchette de tarif. La France aurait déboursé 250 millions d’euros pour ses 500 000 boites ce qui induirait un traitement complet (à supposer que le patient le suive jusqu’au bout) au tarif rondelet de 500€ l’unité.

Des effets incroyables mais non divulgués en Europe

Finissons en apothéose :

Il s’agit donc de traiter des patients multi-vaccinés et néanmoins malades du covid, à risques de complications, avec un traitement à 500€ qui demeure contre-indiqué chez les sujets présentant des formes graves de la maladie et qui de plus n’a pas été testé dans le cœur de cible du produit, à savoir les sujets âgés de plus de 75 ans.

Mais non, ce n’est pas tout, le plus incroyable est à venir maintenant. C’est ainsi qu’en se renseignant un tant soit peu outre-Atlantique, on apprend que l’assemblage entraine une sorte d’amnésie antérograde immunitaire, en clair :

« Dans un nombre parfaitement indéfini de cas, un second Covid réapparait quelques jours après l’arrêt de Paxlovid. Tout se passe comme si le produit empêchait toute mémoire immunitaire de s’installer durablement à l’encontre du virus contracté »13.

Nous pourrions tous espérer que les futurs prescripteurs français soient tenus au courant de cet effet indésirable pour le moins très dérangeant, il ne faudra pas oublier de poser la question aux membres du syndicat MG France que leurs cadres ont souhaité inscrire (contre quelle rémunération de la part de Pfizer, on n’ose l’imaginer) à une séance de « formation médicale continue » sur la question le 18 mai 2022 :

https://t.newsletter.mg-france.fr

Voilà qui pourrait signer l’arrêt de mort définitif du Paxlovid mais, dans ce monde corrompu jusqu’aux plus hautes sphères des agences de régulations, il n’en est rien14. C’est ainsi que Mikael Dolsten, directeur scientifique de Pfizer, n’a pas craint de nier la responsabilité du médicament dans ce rebond de la maladie, incriminant la faute aux patients eux-mêmes et à leurs terrains immuno-déprimés. Quant à Albert Bourla, le PDG de Pfizer, il n’a pas craint d’arguer qu’il ne fallait pas monter cette affaire en épingle et qu’en cas d’apparition du phénomène il convenait de reproduire l’ordonnance une deuxième fois[13].

Évidemment pour le double du prix et sans aucune étude clinique quant aux effets indésirables induits par une double dose de Paxlovid en peu de semaines, que personne n’a étudié, pas même 34 jours !

Conclusion

Plus la crise avance et plus le monde s’enfonce dans un abîme de malscience, de corruption et de recul de nos libertés. Les prévisions de croissance pour Pfizer repoussent toutes les limites de la logique et de la décence, 54 Md$ de vente de vaccin pour 2022, consolidé par 22 Md$ de Paxlovid.

« Le cabinet Airfinity évalue à 19,5 milliards de dollars (17,2 milliards d’euros) le gain potentiel de Pfizer en 2022 avec les ventes de son produit. Plus d’une douzaine de contrats ont déjà été paraphés, pour un total de doses avoisinant les 27 millions »15. Vous aviez déjà accueilli le bamlanivimab, le remdesivir, le molnupiravir, faites de la place pour Evusheld, l’anticorps monoclonal de chez AstraZeneca, et pour Xevudy, le traitement made in GSK. N’oubliez pas le Ronapreve non plus de chez Roche-Regeneron, déjà approuvé par la HAS mais… interdit pour traiter une infection à Omicron car son efficacité est absolument nulle. Mais en France nous sommes riches de 496 500 boites de Paxlovid d’avance à 500€ pièce, ça vous pose un pays en terme de puissance intellectuelle.

Pendant ce temps-là, les tribunaux disciplinaires ordinaux débordent de médecins en attente de condamnation parce qu’ils ont traité leurs patients de manière conforme à ce que la science indépendante leur dicte.

Un cauchemar, vous dites ?

source : AIMSIB

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