MONDE

L’OLIGARCHIE, CHEVAL DE TROIE DES CAPITALISTES

Par Eamon McKinney

Source Strategic Culture

Avec l’Occident qui continue de glisser inexorablement vers un abysse économique et sociétal dystopique, les peuples qui y vivent ne distinguent toujours pas leur véritable ennemi.

Le concept d’Oligarchie n’est pas nouveau, il remonte à l’époque d’Aristote et même avant. Le pouvoir exercé par une minorité riche et puissante remonte aux premières civilisations connues. Cette classe dirigeante pernicieuse et souvent dissimulée a longtemps exercé le pouvoir sur les institutions politiques et de gouvernement, bien que ceux-ci représentent en théorie les intérêts de la majorité. Par un droit lié à sa richesse ou à sa naissance, cette minorité s’est considérée comme habilitée à diriger la majorité et s’emparer de tous les surplus produits par ceux qu’elle considère comme ses inférieurs.

Pour la classe capitaliste internationale, la création d’une élite oligarchique est une composante essentielle dans tout projet visant à infiltrer et à corrompre les institutions politiques en place. L’élite bancaire européenne n’a réussi à exercer qu’une faible influence dans le jeune pays des États-Unis. Les pères fondateurs, en particulier Thomas Jefferson et John Adams, s’étaient occupées d’elles en s’employant à lever des fonds pour leur guerre d’indépendance, et avaient rapidement compris le jeu. La Déclaration d’Indépendance fut autant un rejet de cette classe capitaliste que du Roi George et de la Monarchie. Les pouvoirs en place furent menacés par le mauvais exemple établi par les États-Unis, et une constitution déclarant : « tous les hommes naissent égaux » était vouée à susciter une réponse négative de la part de ceux qui pensaient diriger le monde. L’empire britannique, alors dominant, ne pardonna jamais aux Étasuniens arrivistes et se lança dans une guerre de revanche capitaliste pour une durée d’un siècle.

La création d’une oligarchie étasunienne fut la manière suivant lequel l’élite bancaire remit les États-Unis sous contrôle des banquiers européens. Souvent surnommés « les Barons Voleurs », Rockefeller dans le domaine du pétrole, Carnegie dans celui de l’acier, Harriman pour les chemins de fer, et J.P. Morgan dans le domaine bancaire, ainsi que de nombreux autres capitalistes monopolistiques, furent tous clandestinement financés par des banques de Londres. Cette oligarchie naissante eut besoin de quelques années, mais en 1913, elle parvint à faire adopter le Federal Reserve Act, une loi inconstitutionnelle. Le système monétaire étasunien se retrouva ainsi sous le contrôle des banquiers européens, et y est resté jusqu’à nos jours. Ce fut à ce stade que les États-Unis se changèrent en la chose-même qu’ils avaient été créés pour combattre. Le mythe fondateur du rêve américain se transforma en cela précisément, un mythe.

De nos jours, les oligarques étasuniens ne sont plus établis dans l’acier ou les voies ferrées, ils sont dans la finance et les technologies, des composantes essentielles du contrôle sociétal complet. Le Bill Gates « charismatiquement mis au défi » est une création de cette nature. Financé par l’État de sécurité nationale, il a disposé d’un soutien financier pour assurer que Microsoft remporterait en pratique un monopole sur les activités logicielles au niveau mondial. On ne savait pas que ses logiciels maintenaient ouvertes des portes dérobées accessibles aux agences de sécurité étasuniennes, qui les utilisent pour espionner le monde entier. Bill se sent apparemment désormais compétent pour faire la leçon au monde au sujet des vaccins et de la santé, tout en promulguant en parallèle son agenda de dé-population. Mark Zuckerberg, tout aussi odieux, n’est qu’une version plus récente de ce même phénomène.

Au cours des dernières années, le terme Oligarque a souvent été accompagné du mot russe. Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée, en 1989, elle a présenté à la classe capitaliste l’opportunité d’une vie. Le vaste territoire russe disposait en abondance de pétrole, de gaz, et d’autres ressources naturelles. Le secteur étatique russe, inefficace et ruiné, était particulièrement propice aux pillages. Semblant sortir de nulle part, apparut une nouvelle génération d’« hommes d’affaires » russes, qui se mirent à acheter, pour des montants dérisoires, les actifs du secteur étatique en débâcle. Ces aspirants oligarques soutenus par l’Occident ont pillé leur pays de naissance en toute impunité, et sans scrupule. Au travers de ces intermédiaires, l’Occident néo-libéral a festoyé avidement sur le corps russe. Dans l’ouvrage « Fin de l’Histoire » de Francis Fukuyama, il est affirmé que l’Ouest a gagné, que la Guerre Froide est terminée, et que le néo-libéralisme règne au stade suprême. Pas si vite…

Considéré comme un simple aspirant oligarque corrompu, Vladimir Poutine, lorsqu’il se présenta à la présidence de la Russie, ne reçut pas d’opposition de la part de l’Occident. Poutine laissa entendre qu’une fois président, « les affaires allaient continuer », ce qui constitua une assurance suffisante aux yeux de l’Occident, si bien qu’il fut élu président en 2000. Cependant, il apparut que Vlad n’était ni corrompu, ni un prétendant oligarque, qu’il était en réalité un ardent nationaliste russe patriote, méprisant ce que l’Occident avait fait à la Russie, et déterminé à renverser la vapeur. Les traîtres russes, qui avaient si impitoyablement violé l’économie russe et appauvri son peuple déjà brisé, subirent une colère bien spécifique. Poutine rassembla les dix-huit principaux oligarques et affirma la loi. Ils pourraient conserver une partie de leurs gains mal acquis, mais payeraient des impôts, et ne pourraient ni influencer, ni s’ingérer dans les processus politiques. Nombreux parmi eux en tirèrent leur conclusion, et s’enfuirent de Russie pour rallier Londres, le havre propice aux oligarques, et sortirent des affaires russes. Mais pas tous ; Mikhail Khodorkovsky continua de s’ingérer dans les affaires politiques, et Poutine, fidèle à sa parole, le fit emprisonner.

Poutine avait dupé l’Occident, et rendu la Russie au peuple russe, et l’Occident ne lui a pas pardonné ; depuis lors, la Russie a eu à subir chaque tour figurant dans le manuel du capitalisme de la revanche. Sous Poutine, la Russie a récupéré son statut de grande puissance. Sa popularité auprès du peuple russe découle de la compréhension par le peuple des forces contre lesquelles il se bat.

La Chine, tout en profitant de sa spectaculaire montée sur les cendres de son « siècle de la honte » imposé par l’Occident, se bat contre les mêmes forces des « puissances d’argent » que la Russie de Poutine. Jack Ma, le chef du méga conglomérat technologique Alibaba, a découvert avec quel sérieux la Chine traite ce sujet. Juste avant l’introduction en bourse très attendue d’Alibaba, Jack se sentit assez enhardi pour critiquer le système bancaire d’État chinois. Son introduction en bourse a été annulée, et il a reçu pour conseil d’aller vivre paisiblement quelque part et de profiter de son argent, chose qu’il a eu la sagesse de faire. En réalité, Jack Ma n’est guère qu’une création, un visage apposé sur la faction riche et puissante de la famille Jiang, de Shanghai. L’un de ses fils, Jiang Zemin, fut premier ministre chinois au début des années 2000, et fut toujours considéré comme bienveillant vis-à-vis des intérêts occidentaux. Le véritable pouvoir a besoin d’hommes de paille, et comme Gates, Zuckerberg, et les autres, Jack Ma n’était qu’une couverture.

Le président Xi s’est adressé par vidéoconférence au Forum Économique Mondial de Davos la semaine dernière. Si l’auditoire de Davos s’attendait à quelque adoucissement de la position de la Chine, il fut déçu. D’une manière typiquement nuancée, il a fait mention de la classe capitaliste et de ses ambitions. Il a expliqué clairement que la Chine comptait adhérer strictement à sa politique de zéro-tolérance envers toute ingérence étrangère dans les affaires chinoises. Il a réaffirmé l’engagement chinois pour un monde multi-polaire. Lors d’un congrès ultérieur au sujet de la lutte anti-corruption, interne à la Chine, ses propos ont été moins nuancés. « la collusion entre le capital et le pouvoir » (l’oligarchie) était décrite comme principale cause de la corruption, et ne serait pas tolérée.

Les renaissances économiques et sociétales spectaculaires de la Russie et de la Chine devraient tenir lieu d’exemple au monde, en référence à ce que l’on peut réaliser si l’on s’exempte de l’influence insidieuse d’une classe parasite friquée. Au fur et à mesure que l’Occident continue de glisser inexorablement vers un abysse économique et sociétal dystopique, les peuples occidentaux ne distinguent toujours pas qui sont leurs véritables ennemis. La lutte menée par les Russes et les Chinois contre cette classe oligarchique est celle de tous. Lorsque le reste du monde aura compris cela, le monde sera plus agréable à vivre pour tous les gens décents.

Eamon McKinney

Traduit par José Martí pour le Saker Francophone

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